La puce Nvidia “RTX Spark” va rivaliser avec Intel, AMD et Qualcomm – et la Microsoft Surface est en première ligne.
Venons-nous d’entrer dans « une nouvelle ère du PC » ? C’est l’affirmation audacieuse de Nvidia qui vient de dévoiler officiellement la RTX Spark, un nouveau processeur destiné à bousculer l’ordre établi par Intel et AMD (et, dans une moindre mesure, Qualcomm). Des constructeurs de renom comme Dell et Microsoft font déjà la queue. Voici ce que cela pourrait changer pour votre prochain ordinateur portable.
La RTX Spark est essentiellement une version adaptée à Windows de la « superpuce » GB10 de Nvidia, qui propulse déjà le mini-PC DBX Spark de la marque, axé sur l’IA et les développeurs. Chaque puce intègre des cœurs de processeur (CPU) multi-cœurs basés sur l’architecture ARM, ainsi que des cœurs graphiques (GPU) issus de la même plateforme Blackwell que les cartes graphiques de la série 5000 de la firme.
Concrètement, cela promet d’excellentes performances pour les tâches bureautiques, les applications de création, les jeux vidéo, ainsi que pour l’intelligence artificielle exécutée directement sur l’appareil. Nvidia précise qu’elle travaille main dans la main avec Microsoft pour optimiser Windows 11 afin de faire tourner ces agents IA en local grâce à ce nouveau matériel.
Des performances de pointe et une autonomie record
Les premières fuites laissaient présager plusieurs variantes de cette puce (noms de code N1 and N1X), mais pour l’instant, Nvidia ne communique que sur le modèle haut de gamme RTX Spark. Ce monstre embarquera 20 cœurs CPU, 6144 cœurs CUDA, supportera jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée et fonctionnera sur une plage de puissance allant de 45 à 80W. Avec ce modèle, Nvidia cible très clairement les processeurs Ryzen “Strix Halo” d’AMD et les puces Core Ultra 9 de série 3 d’Intel, sans oublier les M5 Pro et M5 Max d’Apple.
Sur le papier, les performances s’annoncent prometteuses. Nvidia évoque la possibilité de faire du montage vidéo en 12K, de jouer à des jeux AAA à 100 images par seconde en résolution 1440p, et de faire tourner en local des modèles de langage (LLM) comptant jusqu’à 120 milliards de paramètres. Une autonomie « pour toute la journée » est également annoncée.
Une déclinaison légèrement en dessous devrait proposer 18 cœurs CPU et 5120 cœurs CUDA. Quant aux versions plus grand public, elles disposeraient soit de 12 cœurs CPU et 2560 cœurs CUDA, soit de 10 cœurs CPU et 2048 cœurs CUDA. Sur ces gammes, la capacité mémoire maximale serait de 64 Go pour une consommation bien plus faible (entre 18W et 45W). Ces puces seront donc idéales pour des ordinateurs portables ultra-légers, venant directement concurrencer l’Intel Core 7, l’AMD Ryzen 400 et le Snapdragon X2 Elite de Qualcomm.

Dell et Microsoft en éclaireurs
Les ordinateurs portables équipés de la RTX Spark seront disponibles en formats 14 et 16 pouces. Ils promettent tous un châssis en aluminium et des dalles d’affichage OLED dotées de la technologie de rafraîchissement variable Nvidia G-Sync. Parmi les tout premiers modèles à sortir, on comptera une nouvelle version du Dell XPS 13 (alors même qu’une variante Intel de cet ultraportable très abordable vient tout juste d’être révélée cette semaine). Asus et Lenovo s’apprêtent également à dévoiler leurs modèles Spark de manière imminente. De son côté, Microsoft se prépare à lancer une toute nouvelle gamme Surface.
Ce ne sera pas la première fois qu’une puce Nvidia anime un appareil Surface. En 2012, la Surface RT utilisait déjà une puce Nvidia Tegra sous une version allégée de Windows (Windows RT 8.1). Depuis, Microsoft a énormément appris sur la manière de faire tourner Windows sur des architectures non-x86 (ARM), même si une grande partie du travail de fond récent a été menée par Qualcomm avec ses puces Snapdragon X et X2 Elite.
On peut s’attendre à ce que ces ordinateurs portables soient commercialisés autour de septembre 2026. La plus grande inconnue reste pour le moment leur prix.
Le nouveau roi du marché PC ?
Annoncée lors de la conférence d’ouverture de Nvidia au salon Computex à Taïwan (la terre natale du PDG Jensen Huang, dont le visage s’affiche partout sur les stands des marchés de nuit de Taipei), la puce RTX Spark pourrait bien être le plus grand bouleversement de l’industrie du PC depuis des décennies. Bien que Qualcomm ait fait sensation avec le Snapdragon X Elite en 2025 – et s’apprête à gagner encore du terrain avec le Snapdragon X2 Elite plus puissant cette année –, la marque reste ancrée à la troisième place derrière les leaders historiques que sont Intel et AMD.
Si les “Verts” (Nvidia) décident de s’approprier une part de ce gâteau, on voit mal comment leurs concurrents pourront les en empêcher : Nvidia est aujourd’hui l’entreprise la plus valorisée au monde, avec une capitalisation boursière ahurissante qui dépasse les 5 000 milliards de dollars.
La quasi-totalité de cette valeur s’est construite au cours des six dernières années, principalement grâce au rôle de premier plan joué par l’entreprise dans le boom de l’industrie de l’IA. Cette obsession du monde de la tech pour l’intelligence artificielle a d’ailleurs fait s’envoler le coût de la mémoire et du stockage SSD, entraînant une hausse spectaculaire des prix du matériel informatique et de l’électronique grand public en général. Comme Nvidia a également profité de son allocution au Computex pour vanter les mérites de ses superordinateurs dédiés à l’IA, cette tendance n’est pas près de s’inverser.
