Ce milieu de gamme en métal bat le fleuron de Nothing sur le terrain du design
Le verdict de Stuff
Nothing gagne en maturité sans oublier ses racines. Le Phone 4a Pro arbore un look élégant, dispose d’un matériel de milieu de gamme convaincant et prend des clichés corrects, tandis que la “Glyph Matrix” préserve ce côté décalé qui fait mouche.
Les Plus
• Une construction en métal plus mature qui conserve l’esprit du design Nothing.
• La matrice Glyph reste amusante et fonctionnelle, même avec une résolution inférieure.
• Performances, autonomie et caméras respectables pour le milieu de gamme.
Les Moins
• En interne, pas une énorme amélioration par rapport au Phone 4a, moins cher.
• Seulement trois nouvelles générations d’Android promises.
• Forte concurrence à ce niveau de prix.
Le Phone 4a Pro serait-il le signe que Nothing s’est lassé de la technologie transparente originale ? Pas tout-à-fait. Une petite touche de style translucide subsiste sur le premier téléphone de milieu de gamme de la firme à troquer le verre et le polycarbonate pour une coque monobloc en aluminium. On y retrouve également le panneau LED “glyph matrix” du Phone 3, le fleuron un peu excentrique de la marque.
Affiché à 499 €, le Phone 4a Pro se place fermement sur le segment abordable, aux côtés du Pixel 10a de Google et d’une multitude de flagships vieux d’un an dont les prix ont chuté — y compris le propre Phone 3 de Nothing. Cela signifie que la pression est forte pour impressionner sur d’autres plans que celui du simple design.
S’il est très proche sur le plan matériel, il s’agit de bien plus qu’un Nothing Phone 4a dans un costume de créateur. Voici pourquoi la structure en métal et les lumières ludiques justifient, selon nous, le surplus de prix.

Design et fabrication : une merveille de métal
Le précédent Nothing Phone 3a Pro ressemblait beaucoup à un Phone 3a avec simplement un meilleur appareil photo ; Nothing a veillé à ne pas répéter l’erreur en 2026. Le Phone 4a Pro semble à peine apparenté au Phone 4a, délaissant le plastique pour un châssis unibody en aluminium impressionnant de finesse.
On a l’impression d’avoir en main un téléphone coûtant deux fois son prix ; les lignes d’antenne blanches me rappellent l’iPhone 6. Les couleurs disponibles sont le noir, l’argent et le rose, bien que cette dernière soit extrêmement subtile (sous une certaine lumière, elle ressemble simplement à de l’argent). Elle n’est d’ailleurs pas aussi efficace que le modèle noir pour masquer les traces de doigts.
Ce changement de matériaux n’a pas totalement sacrifié le style transparent : les détails techniques signature de Nothing sont désormais regroupés dans le bloc caméra qui traverse l’appareil. Cependant, il faut détacher les yeux de l’immense matrice LED Glyph pour les remarquer. Elle est 50 % plus grande que celle du Phone 3 haut de gamme et, bien qu’elle comporte moins de mini-LED, celles-ci brillent deux fois plus fort.
J’aime la possibilité d’assigner des symboles personnalisés à certains contacts, même si l’absence de bouton “Glyph” dédié limite un peu l’interaction. La résolution plus faible signifie également que la fonction “miroir Glyph” n’est pas aussi détaillée que sur le flagship. Néanmoins, cela permet de l’identifier instantanément comme un téléphone Nothing — et dans un monde de téléphones identiques, c’est une excellente chose.
C’est un grand téléphone, mais il reste facile à manipuler d’une main. Sa certification IP65 n’est pas la meilleure de sa catégorie, mais elle protège contre les chutes accidentelles dans l’évier. Le capteur d’empreintes sous l’écran est un peu trop bas à mon goût, m’obligeant parfois à ajuster ma prise, mais il reste rapide.

Écran et son : la taille compte
Après avoir testé le Google Pixel 10a, j’ai immédiatement remarqué la finesse des bordures du Phone 4a Pro. Pour un appareil à la frontière entre l’entrée et le milieu de gamme, il est très séduisant.
Il est rare qu’un modèle “inférieur” éclipse le flagship, mais l’écran AMOLED flexible du Phone 4a Pro y parvient. Il est plus grand (6,83 pouces contre 6,67 pour le Phone 3), possède un taux de rafraîchissement plus élevé (144 Hz contre 120 Hz) et brille plus fort. Sa luminosité de pointe de 5000 nits (sur une petite zone en HDR) bat à plate couture les 4500 nits du Phone 3.
L’expérience est d’une fluidité exemplaire. La résolution de 2800×1260 est parfaitement nette, avec les couleurs vibrantes et le contraste infini propres à l’OLED. C’est sans doute le meilleur écran vu sur un appareil Nothing à ce jour. La protection Gorilla Glass 7i a permis de garder l’écran sans rayures, et la technologie anti-scintillement (PWM) a réduit la fatigue oculaire lors de mes sessions nocturnes.
Côté son, le Pro dispose d’un haut-parleur inférieur et d’un tweeter d’écouteur offrant un volume correct, typique du milieu de gamme, mais qui ne remplacera pas une bonne paire d’écouteurs.

Appareils photo : une évolution discrète
À première vue, le trio de caméras semble identique à celui du Phone 4a : capteur principal de 50 MP, téléobjectif périscopique de 50 MP (zoom 3,5x) et ultra grand-angle de 8 MP. Cependant, le modèle Pro bénéficie d’un capteur principal Sony LYTIA 700C au lieu du capteur Samsung du 4a.
La qualité d’image est légèrement supérieure, avec un autofocus plus rapide et des détails plus propres, notamment dans les dégradés du ciel. Les tons sont chaleureux et vifs sans être excessifs. Le zoom optique 3,5x donne à Nothing un avantage sur ses concurrents qui se contentent d’un zoom numérique par recadrage.
L’ultra grand-angle est le point faible, surtout en basse lumière où les images deviennent floues. Un Pixel 10a reste supérieur sur le traitement d’image pur, mais l’application caméra de Nothing est plus amusante, avec de nombreux filtres “analogiques” et des préréglages communautaires faciles à essayer.

Expérience logicielle : l’intelligence essentielle
Le téléphone tourne sous NothingOS 4.1. J’apprécie toujours autant ses widgets minimalistes et l’absence d’applications inutiles (“bloatware”). La grande nouveauté est l’Essential Space, un carnet de notes assisté par IA qui regroupe captures d’écran, liens et notes vocales, en les organisant automatiquement avec des étiquettes contextuelles. La fonction “Flip-to-Record” est également géniale : posez le téléphone face contre terre, maintenez la touche latérale enfoncée, et l’enregistrement démarre avec une onde sonore s’affichant sur les Glyphs. L’IA transcrit ensuite tout automatiquement. Le bémol reste le support logiciel : seulement trois nouvelles versions d’Android promises, ce qui est bien moins que les sept ans proposés par Google sur ses derniers modèles.
Performances et autonomie : dans le mille
Le processeur Snapdragon 7 Gen 4 offre environ 10 % de performances en plus que le modèle standard. C’est solide : les applications s’ouvrent rapidement et le multitâche est fluide. En jeu, la plupart des titres tournent en qualité moyenne ou haute.
La batterie de 5080 mAh tient confortablement une journée complète (il me restait 10 à 20 % à 22h avec un usage mixte). La charge filaire de 50W est rapide et surpasse celle du Pixel, mais notez qu’il n’y a pas de charge sans fil ici.

Verdict : Nothing Phone 4a Pro
À certains égards, le Phone 4a Pro est le smartphone le plus “sage” de Nothing : en simplifiant les éléments transparents, il devient plus grand public. On est loin de l’audace visuelle des débuts.
Pourtant, cette sobriété lui réussit. La matrice Glyph lui donne de la personnalité, la construction unibody évite le cliché du “sandwich de verre”, et le bloc caméra porte toujours haut les couleurs de la technologie transparente. Ses performances sont équilibrées et son logiciel est un plaisir à utiliser au quotidien. Pour qui cherche un choix original dans cette tranche de prix, c’est mon favori.
