Le test du samedi : on a testé… le Roberts Stream 67

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Difficile de trouver une marque d’électronique plus illustre que Roberts. Entrant désormais dans sa 86e année en tant que compagnie qui s’était déjà mise au “sans fil” lorsque “sans fil” signifiait tout autre chose, Roberts utilise son Mandat Royal (en tant que fournisseur officiel de récepteurs radio et autres articles similaires pour la Reine Elizabeth II) comme argument de vente depuis 1955. Vous voulez du patrimoine ? Roberts a ce qu’il faut…

Rétro, de qualité supérieure et d’un bon goût tel que la Reine en a probablement une douzaine, la radio Revival est ce à quoi le monde pense lorsqu’il pense à Roberts. Là où Morgan est la référence british pour les voitures, la Roberts Revival est la référence pour les radios : convoitée par les gens regrettant l’époque des cabines téléphoniques rouge et des footballeurs ne simulant pas.

Bien évidemment, cette image a besoin de changer. Mais il ne faut pas que ce soit trop radical non plus, que la Reine ne supprime pas son parrainage. Si Roberts souhaite s’adapter aux besoins du 21e siècle, il a besoin de le faire prudemment. Subtilement. Sans détruire son image haut de gamme. Et alos vint la Stream 67.

Design et finition

En tant que produit signé Roberts, le Stream 67 se doit de passer le test extrêmement important du metteur en scène : celui de, disons, Dr Who ou Velvet Buzzsaw utiliseraient-ils le Stream 67 là où il pourraient utiliser une Revo ou une Ruark pour correspondre à leur besoin de “goût exquis et d’individualisme” ?

Mais bien entendu qu’ils l’utiliseraient ! Le Stream 67 possède vraiment un look à part, toute en élégantes courbes boisées et en affichage multicolore. 699 euros représente certes un certain coût pour un système tout-en-un. Mais au vu de l’impression laissée par son visuel et son interface tactile, ce 67 vaut totalement son prix. Et il a l’air aussi résistant que son apparence le laisse supposer. On trouve sur le boîtier en bois de 46 x 16 x 29 cm un duo de boutons de réglages qui semblent solidement fixés, et le mécanisme du lecteur CD (difficilement trouvable de nos jours) se met en branle avec une robustesse telle qu’elle remplirait de confiance le cœur d’un monarque.

Fonctionnalités

Roberts ne laisse absolument aucune place au hasard ici : le Stream 67 est si bien spécifiée que son manuel pèse plus ou moins le poids d’un modeste roman. Il y a le lecteur CD, bien sûr. On trouve également un Wi-Fi ainsi qu’une prise Ethernet, ce qui signifie que le 67 peut accéder à toutes les musiques de votre réseau familial (stockées sur un système NAS par exemple) et ce sous n’importe quel format, incluant même le FLAC. La connectivitée à Spotify, Tidal, Deezer et Amazon Prime Music est directement intégrée.

Le DAB, le DAB+ et la radio FM ainsi que la radio internet sont également intégrées, aux côtés de 30 préréglages dans lesquels vous pouvez stocker vos favoris. La présence d’une prise analogue 3,5 mm et d’une prise USB offrent encore d’autres possibilités au 67. La connectivitée Bluetooth est intégrée, et le Stream 67 peut donc s’intégrer a un système multipièces de Roberts encore plus large.
Le son est délivré par deux paires de hauts-parleurs, l’une dédiée aux aigus et l’autre aux graves, chaque paire pointant dans deux directions opposées. Cette dernière paire est d’ailleurs également équipée d’un duo de haut-parleur gérant les basses.

Interface

Une fois encore, Roberts n’a pas lésiné sur le nombre d’options disponibles. Le Stream 67 est équipée d’une véritable télécommande fonctionnelle, et pas d’une de ces abominations en caoutchouc de la taille d’une carte de crédit que d’autres compagnies plus pingres fournissent. Des boutons de réglages sont également présents sur la Roberts, et sont de qualité supérieure.

Si ces options ne vous parlent pas, le 67 peut être utilisé au travers de l’application “Undok” (pour iOS et Android), qui se trouve être l’une des meilleures application de contrôle tierce sur le marché. Ou, grâce au fait que ce Roberts fonctionne grâce à Alexa, il peut être contrôlé par un Echo branché sur le même réseau.

Performances

Tout ce qu’on a pu voir jusque-là à propos du Stream 67 semble sensé, bien considéré et de haute qualité. Alors ce n’est pas une surprise que de se rendre compte que la qualité sonore de ce 67 est équivalente au reste. Et tout cela a été décidé et réglé avec un véritable bon goût, aussi bien poli que le boîtier de la radio lui-même.

La fidélité audio que le 67 offre à son client est marquée par les différences de qualité d’une prise audio à une autre. Jouer la même sélection de musiques (que ce soit la Musique pour les Feux d’Artifice Royaux en D Majeur d’Haendel ou le moins noble Giddy on the Ciggies de Sleaford Mods) via Spotify, via Bluetooth ou via la prise 3,5 mm offrent un résultat légèrement différent à chaque fois.

Par contre, avant de plonger trop profondément dans la critique sonore, vous devrez prendre soin de bien choisir l’emplacement que vous allez consacrer à votre 67 pour qu’il puisse atteindre son plein potentiel. Les hauts-parleurs de basses situé à l’arrière n’apprécient pas de se trouver trop près d’un mur – les basses deviennent sinon bien trop présentes. Un peu d’espace fait néanmoins toute la différence.

Une fois cette question réglée, vous pouvez enfin vous délecter du son du 67. Pour une machine de ce type, il s’en sort vraiment bien et rend réellement honneur à la chanson de Ty Segall “Every 1’s a Winner”. Ce même titre permet d’ailleurs de se rendre compte à quel point la Roberts détaille et sépare les différents sons avec efficacité, faisant ressortir la guitare et offrant une véritable présence au chant.

Le 67 offre un vrai punch au morceau “Beautiful Rewind” de Four Tet (tant qu’elle est bien positionnée). Et bien que ce ne soit pas l’écoute la plus dynamique que vous pouvez vous offrir pour ce prix (vous préférerez la moins bien spécifiée mais plus punchy Mu-so Qb de Naim si vous recherchez de l’action), le 67 reste néanmoins très performant pour pousser votre musique comme vous le souhaitez.

Il est clair que Roberts a préféré joué la carte de la prudence pour la présentation globale de son Stream 67. Elle préfère le calme à l’excitation, et n’a donc pas vraiment les aigus dont une chanson telle que “Everybody’s Got to Learn Sometime” de The Field aurait besoin. Peut-être est-ce une conséquence du fait que Roberts ait choisi de faire un système hybride entre moyenne et haute fréquence, plutôt que de se concentrer sur un haut-parleur pouvant gérer les hautes fréquences directement.

Mais les pros de chez Roberts ont eu raison lorsqu’ils se sont dit que tous les utilisateurs ne voulaient pas se faire scalper par les aigus de leurs enceintes. Après tout, mieux vaut avoir l’impression d’être dans un bain chaud plutôt que de se faire taser dans une boîte de nuit.

Le verdict

Combinant caractéristiques de qualité et apparence sans compromettre la qualité sonore n’est pas chose facile, même quand le coût du produit s’élève à 699 €. Roberts en a fait plus qu’assez avec ce Stream 67 pour prouver que sa réputation royale est absolument méritée.

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