Alors qu’elle ne devait exister qu’en motorisation électrique, la Jeep Avenger, auréolée du prestigieux titre de « Voiture de l’Année 2023 », est disponible depuis quelques temps en version hybride. Voilà qui élargit indubitablement ses horizons. Par Philippe Guillaume
C’est quoi ?
Début 2023, 59 journalistes spécialisés provenant de 22 pays européens ont décerné à la Jeep Avenger le titre de « voiture de l’année ». Une récompense honorifique, la première pour la marque Jeep en 60 ans d’existence de cette distinction, et qui est généralement synonyme tant de reconnaissance que de succès commercial. Proposée, à ses débuts, uniquement en version 100 % électrique, la Jeep Avenger surfait sur le courant de l’époque qui croyait encore que l’avenir serait uniquement électrifié. Hélas, dans un marché fluctuant et subventionné, le parpaing de la réalité s’est écrasé sur la tarte à la crème des illusions et il a bien fallu se rendre compte que les chiffres de vente n’étaient pas forcément à la hauteur des attentes. Décision fut donc vite prise d’ouvrir le capot et d’y mettre des motorisations thermiques et hybrides. Dans le genre, la Fiat 500 de nouvelle génération a connu le même destin : la sympathique petite puce italienne reçoit depuis peu un moteur hybride. Pourtant, l’Avenger a enregistré plus de 200 000 commandes depuis son lancement, mais la marque américaine avait probablement plus d’ambitions.

Justement, qu’est-ce qu’il y a de nouveaux ?
Esthétiquement, pas grand-chose par rapport à la Jeep Avenger électrique que nous avons eu la chance de pouvoir essayer à l’époque (à part, bien sûr, la trappe à essence et la sortie d’échappement !). Nous sommes toujours en présence d’une auto bien dessinée, offrant un bon compromis entre logeabilité et compacité avec ses 4,08 m de long. Par ailleurs, la logique de standardisation propre au groupe Stellantis fait que cette Avenger partage de nombreux éléments techniques avec la DS3, l’Opel Mokka, la Fiat 600 et le Peugeot 2008, mais grâce au talent des stylistes, elle parvient à conserver une identité propre tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Cette auto a du style, non ? L’identité Jeep reste bien marquée, avec le profil carré, la calandre aux 7 barres, sans compter les traditionnels clins d’œil esthétiques sur le bord des jantes ou la base du pare-brise. Cela ne se voit pas non plus à l’intérieur, avec une planche de bord soignée, un belle dalle TFT et des rangements bien pensés et plutôt nombreux.

Et sous le capot ?
Seule offre prévue au départ, la motorisation électrique repose sur une batterie de 51 kWh et un moteur de 156 ch (valeur uniquement disponible en mode Sport, sinon en mode normal, on a 109 ch, voire 82 ch en mode éco). D’un point de vue technique, les dessous de l’auto sont constitués de la « plateforme e-CMP2 », la même qui sert donc à construire les DS3 E-Tense, Peugeot e-2008 et Opel Mokka-e ; rien d’illogique à ce que l’on trouve donc des capacités de batteries et de puissance moteur identique dans tous ces véhicules. Toutefois, prévu au départ pour être uniquement électrique, l’Avenger a vu sa destinée évoluer rapidement : le constructeur lui a adjoint une offre thermique, composée d’un petit moteur 3 cylindres 1.2 de 100 chevaux, avec une boîte de vitesse manuelle, histoire de faire sensiblement baisser le tarif d’accès. Le trois cylindres Puretech a été récemment décrié pour des problèmes de fiabilité, mais Stellantis à revu sa copie. Notons que le bloc hybride, qui était notre version d’essai, repose toujours sur ce 3 cylindres 1.2, mais il développe 110 chevaux (le moteur électrique fait 28 ch) et 205 Nm de couple, et permet d’avoir accès à une boîte de vitesse automatique, plus reposante, et qui convient parfaitement à la philosophie d’une auto hybride, dont la vocation est de vous relaxer lors des trajets quotidiens.

Au volant, ça donne quoi ?
C’est plutôt agréable, en fait ! Déjà, l’intérieur est très plaisant, avec un espace bien agencé et une dotation d’équipement plutôt complète pour une « petite » auto, avec une instrumentation claire, une sono très satisfaisante et un écran d’info-divertissement, de 10’25, qui est un peu plus satisfaisant que le système vu ailleurs chez Stellantis, notamment chez Peugeot ou Citroën, avec des graphismes un peu datés et une réactivité loin des meilleurs standards. Le confort est correct et la boîte automatique lisse un peu le côté un rien rugueux du trois cylindres et le fonctionnement du système hybride. Quoi qu’il en soit, l’auto se révèle douce et agréable en usage péri-urbain quotidien, ce qui est sa vocation. Sur la route, disons que la puissance est suffisante, d’autant que le système électrique apporte un petit coup de boost lors des reprises. Enfin, les promesses de sobriété sont quasiment tenues ; un atout que nous avions déjà constaté au volant de l’Avenger électrique, preuve d’une auto à l’aérodynamique bien conçue et au groupe mécanique efficient.
Son point fort…
Look sympa qui attire la sympathie, confort appréciable, facilité de conduite réelle, sobriété au rendez-vous, gabarit parfait pour la ville, bonne sono, cette Jeep Avenger fabriquée en Pologne coche beaucoup de cases… Et pour ceux qui en veulent plus, une version hybride 4×4 développant 145 chevaux est proposée, histoire de profiter des 20 cm de garde au sol dans les chemins. Après tout, c’est une Jeep !
Le verdict de Stuff
Sans esbrouffe, la Jeep Avenger permet de rouler « différent » sans subir de compromis sur l’équipement, le confort ou la consommation. Par ailleurs, une version « Black Edition » (à partir de 30800 €) la rend encore plus désirable (dispo en hybride ou électrique).

Les chiffres-clé
Moteur : 3 cylindres, essence, turbo + moteur électrique
Cylindrée : 1199 cm3
Puissance : 110 ch à 5500 tr/min
Couple : 205 Nm à 1750 tr/min
Boîte de vitesse : automatique, 6 rapports
Poids : 1280 kilos
Vitesse maxi : 184 km/
0 à 100 km/h : 10,4 secondes
Conso officielle / de l’essai : 4,9 l /100 / 6 l/100
Prix : gamme Avenger à partir de 24550 €, version e-Hybrid à partir de 26800 €
