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    Essai – Peugeot LandTrek, l’héritier

    Pas de fausses joies  : ce pick-up Peugeot n’est pas destiné à la France ni à l’occident en général. Il est là, par contre, pour prendre le flambeau de ce qu’a été Peugeot dans les pays dits «  émergents  » avec des engins tels que les 404 et 504, serviables et increvables. Verdict ? Par Philippe Guillaume

    C’est quoi ?
    Commençons par une petite leçon d’histoire  : si la marque Peugeot, née à Sochaux, est un pilier du monde automobile de l’hexagone, elle s’est construite une solide réputation à travers le monde et notamment en Afrique. En effet, en 1950, une Peugeot 203 parvient à relier Le Cap à Alger en seulement 16 jours. Dès les années 60, les 404 sont exportées en grand nombre sur le continent, suivie par la 504 la décennie suivante. D’ailleurs, en 1973, une grosse usine Peugeot se créée au Nigeria, et plus de 426 000 Peugeot 504 sortiront de ces chaînes pour alimenter tout le continent. Parallèlement, les 404 et 504 brillent en compétition dans les rallyes africains (Kenya, Côte d’Ivoire), prouvant, si besoin était, l’extraordinaire robustesse de ces autos. Il n’en faudra pas plus pour créer une réputation durable, même si celle-ci s’est étiolée au fil du temps, bien que la 505 fut encore produite au Nigeria jusque 2005 (sa production pour la France s’est arrêtée en 1992  !). Depuis peu, une nouvelle usine d’assemblage a vu le jour au Kenya et pour tirer parti de cette solide réputation, Peugeot mise sur le pick-up LandTrek, vendu en Afrique, mais également en Amérique Latine et au Moyen-Orient. Nous avons pu essayer ce dernier en Afrique du Sud, pays où le genre pick-up représente le quart des immatriculations des voitures neuves.

    Qu’est-ce qu’il y a de nouveau ?
    Tout, bien entendu  ! Pour ce pick-up, Peugeot s’est associé à son partenaire chinois Dongfeng, où il est d’ailleurs construit. Il est disponible en trois déclinaisons  : châssis cabine (que l’on peut habiller en fonction des besoins), simple deux portes & deux places, et une version plus luxueuse, double cabine et 5 places, avec une benne qui peut toutefois emporter une tonne de matériaux, avec une capacité de traction d’une remorque de trois tonnes. Avec 5,33 m de long et 1,22 m de large entre les roues arrière, dans la benne, il peut emporter une palette standardisée. Il s’agit d’un vrai pick-up, véhicule de loisirs ou véhicule utilitaire à la fois, disposant de quatre roues motrices, d’une gamme de vitesses courtes, d’un essieu arrière rigide et de suspensions à lames, ainsi qu’un blocage de différentiel arrière. Une bête de somme telle qu’elle est demandée dans les pays où le LandTrek est commercialisé.

    Et sous le capot ?
    Les motorisations diffèrent en fonction des marchés. Le LandTrek est disponible avec un 4 cylindres essence 2.4 de 210 ch et 320 Nm de couple, un 2.2 turbo-Diesel de 200 ch et 450 Nm ou, sur notre modèle d’essai, d’un 1.9 turbo-Diesel de 150 ch et 350 Nm, disponible avec une boîte de vitesse manuelle ou automatique à six rapports, avec la promesse d’une consommation mesurée, une valeur essentielle dans les marchés où il est destiné à faire carrière. Quel que soit le niveau de puissance, la vitesse de pointe (anecdotique sur ce genre d’engins) se situe entre 170 et 180 km/h, mais là où le 2.4 essence abat le 0 à 100 km/h en 11,2 secondes, il en faut 14,9 pour la version 150 ch Diesel, ce qui est un brin lent. Mais sur ce genre de véhicules, les arguments sont ailleurs.

    À conduire, c’est comment ?
    Avant de monter à bord, observons-le  : le LandTrek est un beau bébé (la version haut de gamme 4Action possède des roues de 18 pouces, la déclinaison plus abordable Allure se contente d’une monte en 17) et son restylage de 2025 lui a donné une identité visuelle conforme aux standards Peugeot, avec un beau logo modernisé trônant fièrement au milieu de la calandre. Un lion en Afrique, belle symbolique. Ensuite, à l’intérieur, on retrouve l’univers Peugeot  : le dessin du volant (qui a une taille normale…), le graphisme et l’affichage des compteurs (avec le compte-tours dont l’aiguille gravit les graduations en mode anti-horaire), les touches «  piano  » sur la console centrale, comme sur les dernières générations de 3008. Dans l’ensemble, la présentation et la finition sont de meilleure qualité que sur bon nombre de concurrents. L’écran d’info-divertissement de 10 pouces est facile à lire, on a Android Auto et Apple CarPlay, et sur la version haut de gamme 4Action, l’intérieur cuir est de belle facture, avec des sièges confortables. Évidemment, il faut un peu de souplesse pour grimper à bord, mais une fois que c’est fait, les passagers apprécient une banquette qui est un peu incurvée, là où certains pick-up vous calent à angle droit contre la vitre arrière. Pas de démarrage sans clé  : clé dans le contact, le 4 cylindres Diesel s’ébroue… et il est sonore  ! La boîte automatique est douce à défaut d’être vraiment réactive et il faut admettre que les sensations mécaniques sont un peu datées, par rapport aux cadors du segment (le Ford Ranger et sa boîte 10, par exemple, ou le VW Amarok et le velouté de son V6 TDI). Il n’empêche que pour l’avoir essayé sur des pistes de tout-terrain assez rudes, le LandTrek montre un autre visage  : on joue avec la molette rotative placée devant le sélecteur de vitesse, on sélectionne les rapports courts de la transmission 4×4, on place le levier sur «  manuel  » et il devient beaucoup plus réactif. Ses capacités en tout-terrain sont excellentes  : 235 mm de garde au sol, un angle d’attaque de 30° à l’avant et un angle de fuite de 26° à l’arrière, des passages de gués de 60 cm de profondeur, il en faudra beaucoup pour l’arrêter. Dans ce domaine, le LandTrek n’a rien à envier à ses concurrents. Et il est un chapitre où il pourrait même leur donner des leçons, celui du confort de suspension, souvent assez rude sur les pick-up, mais pas dans le Peugeot, même peu chargé… Enfin, la promesse de sobriété est remplie, puisque à l’issue d’un long trajet, nous sommes restés sous la barre des 9 l/100, ce qui est correct pour un engin de plus de 2 tonnes.

    Son point fort…
    Le confort est très correct pour ce genre de véhicule et l’intérieur est plutôt mieux réalisé que sur la concurrence, tandis que les aptitudes routières, dans la moyenne, sont sublimées par de réelles capacités en tout-terrain et sur pistes difficiles. Le Peugeot est sûr de ses arguments, ce qui l’autorise à s’afficher, en Afrique du Sud, où nous l’avons essayé, à un tarif équivalent à celui du leader du marché, le Toyota Hi-Lux.

    Le verdict de Stuff
    Le LandTrek a tout pour perpétuer la légende Peugeot dans les pays où il est commercialisé.

    Les chiffres clé 
    Moteur  : 4 cylindres en ligne, turbo-Diesel
    Cylindrée  : 1910 cm3
    Puissance  : 150 ch à 4000 tr/min
    Couple  : 350 Nm à 1800 tr/min
    Boîte de vitesse  : automatique, 6 rapports
    Poids  : 2095 kilos
    Vitesse maxi  : 172 km/h
    0 à 100 km/h  : 14,9 secondes
    Conso officielle / de l’essai  : 8,9 l/100 / 9,5 l/100
    Prix  : gamme Peugeot LandTrek à partir de R 388000 (19400 €), version d’essai 4Action 4×4 à partir de R 745000 (37700 €)

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