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    Essai – Toyota GR Supra 2.0 : le bon numéro ?

    Tout amateur de consoles de jeux vidéo et de cinéma sait combien la Toyota GR Supra est une véritable légende dont l’aura dépasse le simple cercle des fans d’autos japonaises. Dans sa version 2.0, elle présente beaucoup d’intérêt et on vous explique pourquoi… Par Philippe Guillaume

    C’est quoi ?
    C’est triste mes frères, c’est horrible mes sœurs, mais l’auto sportive sympa et abordable est tout simplement une espèce en voie de disparition, coulée par une Europe hors-sol qui veut des automobilistes asservis dans des SUV de 2,5 tonnes blindés de systèmes de sécurité en leur faisant croire que c’est écolo. Du coup, on n’en vend plus des wagons comme à l’heureuse époque des Jaguaar Type E, Datsun 240 Z, Ford Capri 2.8i et autres, ce qui fait que les constructeurs cherchent à nouer des partenariats pour amortir les coûts de développement. Chez Toyota, par exemple, on a développé la GT86 en partenariat avec Subaru, tandis que pour monter en gamme, ils s’étaient associés avec BMW pour développer conjointement la Z4 et la GR Supra. Pour ceux qui viennent d’arriver, disons, sans trop travestir la réalité, que si vous vouliez un cabriolet, il fallait aller sur la Z4, et que pour un Coupé, la Supra aurait votre préférence.

    Justement, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ?
    Le contexte  ! L’époque étant plus au dogme qu’à la réflexion, certaines voitures ont des niveaux de malus qui sont supérieurs à leur prix d’achat (malgré une consommation qui peut rester raisonnable en conditions normales). Les ventes s’effondrent, on perd en TVA plus que ce que l’on gagne en malus. C’est débile.

    Et sous le capot ?
    La GR Supra se sachant condamnée, Toyota s’est fendu d’une très désirable Final Edition, vendue en série limitée et reconnaissable à sa teinte noire, ses appendices aérodynamiques en carbone, son intérieur spécifique (où les deux sièges ont une teinte différenciée) et sa puissance majorée à 440 ch. A 144 000 €, on n’est pas volé vu la dimension plus collector de l’engin. Plus abordable sont les 3 cylindres 3.0 de 340 ch (le moteur des BMW M40i, en fait), qui a le mérite d’être offert ici en boîte manuelle, ce qui apporte un vrai plus pour le plaisir de conduite. Sympa, très sympa, même, mais il y a un problème  : le malus, le fameux malus, qui atteint 70000 € au moment où nous écrivons cet article, soit quasiment le prix de l’auto. Seule solution, prendre un moteur plus petit  : c’est le cas de notre auto d’essai, toujours avec un moteur BMW, un quatre cylindres 2.0i qui sort 197 ch dans une Z4 et 258 dans une Supra. Et là, le malus est plus raisonnable au point que ça fait presque plaisir de payer 6100 de taxes pour une auto qui consomme 8 l/100… Soit moins qu’une vieille Twingo.

    Et au volant, ça donne quoi ?
    Déjà, avant de monter dedans, on la regarde. La Supra a une ligne suggestive, très travaillée, qui ne laisse pas indifférent. Ensuite, on retrouve facilement ses marques, car si l’affichage du tableau de bord est spécifique, quasiment tout l’intérieur est repris de BMW, la console centrale et ses boutons, le sélecteur de vitesse, l’écran et l’info-divertissement. Pourquoi s’en plaindre, puisque c’est excellent, tout comme le sont les sièges en cuir et la position de conduite à ras du sol, les fesses sur l’essieu arrière. La direction est super précise, l’auto ne prend pas de roulis, l’amortissement est ferme, sans être cassant  ; en gros, on a le feeling sportif tout en conservant du confort  ! La boîte auto à 8 rapports et la rondeur du 4 cylindres font qu’en usage quotidien, la Supra se fait oublier à bas régime, tout en douceur. Avec 258 ch, les performances sont très correctes (le 0 à 100 km/h couvert en 5,2 secondes et 250 km/h en vitesse de pointe, dont on ne se servira probablement assez peu) et comme elle est agréable et communicative, on prend déjà beaucoup de plaisir sans aller vite. Avant de découvrir un moteur qui allonge bien et qui ne rechigne pas aller dans les tours avec une sonorité plus suggestive. Elle dévoile aussi une belle vocation de GT, ne serait-ce une sono assez médiocre et des bruits de roulement (à l’intérieur des roues) assez marqués, comme souvent sur les autos asiatiques.

    Son point fort ?
    C’est le rapport prix / plaisir / performances / malus, le tout sublimé par une ligne qui ne peut pas laisser indifférent et une consommation réellement mesurée (merci à la boîte 8, qui fait tourner le moteur assez bas sur route, ainsi qu’à un poids plutôt réduit dans l’absolu) vraiment acceptable. Bref, mesurez la chance de pouvoir encore vous en offrir une. Tant qu’il est encore temps.

    Le verdict de Stuff 
    Notre sensibilité naturelle va naturellement sur le 6 cylindres, pour sa sonorité, son couple et son équilibre, mais la GR Supra 4 cylindres 2.0 est déjà une auto pleine de promesses et fort réussies. Même sans cette saleté de malus, ce n’est pas un choix au rabais.

    Les chiffres clé 
    Moteur  : 4 cylindres en ligne, turbo
    Cylindrée  : 1998 cm3
    Puissance  : 258 ch à 6500 tr/mn
    Couple  : 400 Nm à 2000 tr/mn
    Boîte de vitesse  : automatique, 8 rapports
    Poids  : 1395 kilos
    Vitesse maxi  : 250 km/h
    0 à 100 km/h  : 5,2 secondes
    Conso officielle / de l’essai  : 6,3 l/100 / 8,0/100
    Prix  : gamme Supra à partir de 64100 €

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