Stuff Magazine
More
    AccueilSuperTestsAvec l'Osmo Pocket 4P, DJI vient-il de créer la caméra de voyage...

    Avec l’Osmo Pocket 4P, DJI vient-il de créer la caméra de voyage parfaite ?

    DJI ajoute un véritable téléobjectif 3x à sa caméra stabilisée de poche. Toujours minuscule, mais désormais beaucoup plus polyvalente, l’Osmo Pocket 4P commence sérieusement à donner des complexes aux smartphones… et même à certaines caméras bien plus encombrantes.

    Il y a quelque chose d’assez réjouissant à voir DJI continuer à s’acharner sur un objet que le smartphone aurait théoriquement dû faire disparaître. Pourquoi transporter une caméra supplémentaire lorsque l’on possède déjà trois objectifs dans sa poche ? Parce qu’un téléphone, aussi doué soit-il, ne possède toujours pas cette drôle de tête montée sur une nacelle mécanique capable de transformer une marche dans une rue pavée en travelling de cinéma.

    L’Osmo Pocket 4P pousse cette idée encore plus loin. À peine quelques mois après la Pocket 4, DJI reprend sa petite caméra stabilisée et lui greffe un second module : au grand-angle équivalent 20 mm s’ajoute désormais un téléobjectif équivalent 60 mm. Autrement dit, un vrai grossissement optique 3x. Sur le papier, cela ressemble presque à une mise à jour opportuniste. À l’usage, c’est précisément ce qui manquait à la Pocket pour devenir autre chose qu’une excellente caméra de vlog.

    Toujours Pocket, malgré une deuxième paire d’yeux

    La greffe a évidemment laissé quelques traces. Avec ses 159,5 x 63,3 x 33,5 mm et ses 230 g, la 4P est plus imposante et environ 40 g plus lourde que la Pocket 4. Mais le tour de force reste intact : elle tient toujours réellement dans une poche. Essayez donc la même chose avec un hybride, un objectif grand-angle, un petit télé et un stabilisateur.

    Sa tête est désormais reconnaissable au premier coup d’œil : les deux caméras sont superposées sur la nacelle, le 20 mm au-dessus du 60 mm. Cela lui donne une silhouette un peu moins discrète, mais aussi plus sérieuse. Le revers de la médaille n’a malheureusement pas changé : une fois rangé, le précieux gimbal reste relativement exposé. Pour un appareil destiné à être sorti et remis dans une poche toute la journée, on aurait aimé une protection plus rassurante.

    À l’avant, l’écran tactile de 2 pouces affiche 556 x 314 pixels et monte à 1 000 nits. Il reste parfaitement exploitable dehors, mais ses dimensions deviennent son principal défaut dès que l’on cherche à travailler précisément. Vérifier la mise au point sur un visage, aucun problème. Déterminer exactement quelle partie d’un petit objet est nette avec le téléobjectif devient beaucoup plus hasardeux. Un focus peaking aurait été bienvenu.

    L’ergonomie reste globalement excellente à une main, mais DJI a également conservé quelques petites bizarreries. En filmant verticalement, notamment, les commandes physiques de zoom et de fonction deviennent difficiles d’accès, obligeant à revenir aux minuscules commandes tactiles. Pas idéal lorsque l’on vient précisément d’acheter une caméra pensée pour produire du contenu social.

    Le 3x change vraiment la Pocket

    C’est évidemment derrière les objectifs que les choses deviennent intéressantes. La caméra principale associe un équivalent 20 mm f/2 à un capteur CMOS 1 pouce. À côté, DJI installe un équivalent 60 mm f/1,8 reposant sur un capteur 1/1,28 pouce. Le passage de l’un à l’autre fonctionne un peu comme sur un smartphone : on cadre large, on passe à 3x et la seconde caméra prend le relais.

    Mais la comparaison avec le smartphone s’arrête assez vite. Le téléobjectif change réellement la manière de filmer avec une Pocket. Les portraits gagnent en profondeur, les arrière-plans se rapprochent, les détails deviennent intéressants et le joli flou d’arrière-plan donne aux images une allure beaucoup plus travaillée. Là où les précédentes Pocket invitaient naturellement à filmer large, la 4P permet enfin de véritablement jouer avec le cadrage.

    Le zoom peut grimper jusqu’à 12x en vidéo, avec des paliers 1x, 3x, 6x, 9x et 12x, tout en permettant des valeurs intermédiaires via le joystick. Évidemment, au-delà du 3x optique on entre dans le domaine numérique, mais la qualité reste étonnamment convaincante avant d’atteindre les valeurs les plus extrêmes. C’est particulièrement réussi sur les portraits et les plans rapprochés, où le téléobjectif produit un bokeh étonnamment doux pour une caméra aussi petite.

    Et les performances vidéo suivent. Le grand-angle peut enregistrer jusqu’en 4K à 240 im/s, tandis que le téléobjectif atteint 4K à 200 im/s. En utilisation plus classique, on retrouve la 4K jusqu’à 60 im/s, ainsi qu’un mode basse lumière 4K/30. Les photographes ne sont pas oubliés avec des clichés d’environ 37 MP en JPEG ou DNG.

    Les couleurs sont très belles directement en sortie de caméra, mais les utilisateurs qui aiment passer du temps en postproduction disposent surtout du D-Log 2 en 10 bits, beaucoup plus flexible pour l’étalonnage. Et DJI a intelligemment fait en sorte que l’on puisse retravailler ces fichiers directement dans Mimo, sans forcément transformer chaque vidéo de vacances en projet Premiere Pro.

    Une caméra qui sait où vous êtes

    La stabilisation mécanique reste l’arme secrète de la famille Pocket. Les mouvements ont cette fluidité presque irréelle qui fait immédiatement paraître une vidéo plus professionnelle, sans avoir à apprendre à marcher comme un opérateur Steadicam. L’ActiveTrack passe ici en version 8.0 et fonctionne désormais avec le téléobjectif ainsi qu’avec plusieurs personnes. La caméra adore les visages — parfois un peu trop — et peut hésiter lorsqu’on lui demande de suivre autre chose qu’un humain, mais la mise au point reste rapide et le suivi extrêmement précieux lorsqu’on filme seul. DJI a également réussi à loger trois microphones dans ce petit corps, ainsi que 103 Go de stockage interne, auxquels on peut ajouter une carte microSD jusqu’à 1 To. Cette mémoire intégrée est une excellente idée : oublier sa carte ne signifie plus rentrer chez soi sans la moindre image. Wi-Fi 6 et Bluetooth 5.4 complètent l’ensemble.

    Attention néanmoins aux ambitions hollywoodiennes : filmer en 4K/60 D-Log engloutit environ 12,5 Go toutes les dix minutes. Les 103 Go internes peuvent donc être remplis en un peu plus de 80 minutes. Pour une longue journée de tournage, la microSD reste indispensable.

    Trois heures dans une poche

    L’autonomie est l’autre excellente surprise. DJI annonce jusqu’à 210 minutes en 1080p/24 et, dans la pratique, dépasser les trois heures d’enregistrement reste parfaitement envisageable. C’est remarquable compte tenu du format, des deux caméras et de la nacelle motorisée. La recharge est tout aussi convaincante : environ 80 % en une vingtaine de minutes, tandis qu’une charge complète demande à peine plus d’une demi-heure. Une pause café peut donc suffire à repartir pour une grosse session. La caméra chauffe sensiblement pendant la charge et les longs enregistrements, sans que cela apparaisse rédhibitoire.

    Reste le prix. Lancée à 599 € en Standard Combo et 689 € en Vlog Combo, la Pocket 4P demande 100 € de plus que la Pocket 4 standard, proposée à 499 €. Le Vlog Combo ajoute notamment télécommande FrameTap, éclairage, émetteur DJI Mic, mini-trépied et différents accessoires. Et c’est probablement là que DJI réussit son coup. La Pocket 4P n’est pas une révolution : son écran reste petit, quelques commandes sont mal placées en vertical et cette nacelle exposée continue de donner envie de la manipuler comme un œuf Fabergé. Mais son deuxième objectif modifie profondément ce que l’on peut faire avec elle.

    La Pocket n’est plus seulement cette adorable petite caméra qui stabilise mieux qu’un smartphone. Avec son 20 mm, son nouveau 60 mm lumineux, son suivi redoutable, son D-Log 2, sa 4K à très haute cadence et son excellente autonomie, elle devient une véritable petite boîte à outils vidéo que l’on peut emmener partout. Et avec deux objectifs dans 230 grammes, l’Osmo Pocket 4P donne désormais encore moins de raisons de la laisser à la maison.

    ARTICLES SIMILAIRES
    Publicités

    LES + POPULAIRES