Essai moto – Yamaha R7, le retour de la sportive accessible

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Prenez la moto la plus vendue du marché français, la Yamaha MT-07. Donnez-lui l’air méchant avec un carénage intégral et des guidons bracelets. Optimisez le châssis. Vous voici avec une sportive désirable et accessible, efficace et prévenante, comme nous avons pu le découvrir lors d’un essai sur route et sur circuit en Andalousie. Un futur hit ? Par Philippe Guillaume

C’est quoi ?
La Yamaha R7, c’est une légende. Conçue pour gagner les plus grandes compétitions internationales (championnat du monde de Superbike, 8 heures de Suzuka…), elle a beaucoup fait parler d’elle mais n’a jamais brillé, bien que les fans de motos de course soient encore respectueux de l’objet  ! Mais en même temps, cette légende, il y a de grandes chances que vous n’en ayez jamais entendu parler. Soit parce que la moto, vous aimez ça sans toutefois être un grand spécialiste de la question, soit parce que vous avez entre 25 et 35 ans et que vous êtes pile dans la cible visée par cette nouvelle R7. Parce que l’ancienne, elle date quand même de 1999.
Pourquoi avoir conservé le nom, alors  ? Tout simplement parce que Yamaha a aussi révolutionné le monde des sportives en 1998 avec la R1, et que depuis, la gamme s’est construite sur cette dénomination. L’offre est désormais composée d’une R125, d’une R3 (300 cm3), d’une R6 (600 cm3, mais depuis 2021, elle n’est plus homologuée route et se destine exclusivement à un usage sur circuit), ainsi qu’à la fantastique R1 de 1000 cm3. Il y avait donc de la place pour une R7, non  ?

Justement, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ?
Pas le moteur, puisque celui-ci vient en droite ligne de la MT-07, turbulent et sympathique roadster qui cartonne sur le marché français. Il a juste été un peu optimisé avec le montage d’un embrayage anti-dribble, histoire de ne pas risquer de blocage de roue arrière lors des entrées en courbe un peu musclées, et possède un boîtier électronique modifié pour le montage, en option, d’un shifter, qui permet de changer les vitesses sans utiliser l’embrayage et en restant gaz en grand à l’accélération. Par contre, le châssis a été renforcé, les trains roulants (fourche et amortisseur) de la MT-07 ont laissé place à des éléments de meilleure qualité fournis par Kayaba, le freinage dispose d’un maître-cylindre de frein Brembo et les pneus sont confiés à Bridgestone, qui a fourni des S22, efficaces et polyvalents. Bien entendu, le carénage intégral donne une jolie note sportive, avec son feu à LED lenticulaire à l’avant. Elle est plutôt lookée, cette R7, vous ne trouvez pas ?

Et côté électronique ?
Les sportives sont souvent des usines à gaz avec moult cartographies moteur et un contrôle de traction sophistiqué, il faut bien ça pour passer 200 chevaux au sol avec un minimum de sérénité. Pas de cela avec la R7, qui se la joue bio  : pas trop lourde, pas trop puissante, elle peut se passer de contrôle de traction et l’ABS n’est pas déconnectable. Bref, on se contente d’un tableau de bord LCD assez lisible, avec notamment l’indicateur du rapport engagé.

Et au guidon, ça donne quoi ?
On avait peur de se retrouver au guidon d’une merguez sous-motorisée et c’est tout le contraire qui s’est produit. La R7 est fun, efficace, accessible et sympa. Certes, la position de conduite est typée sport, mais même les grands gabarits se sentent relativement à l’aise. L’ergonomie est proche de celle d’une R6, donc avec des guidons assez bas et assez en avant, mais la R7 compense avec un réservoir moins large (il ne fait que 13 litres) et surtout des suspensions beaucoup plus conciliantes, que l’on peut même qualifier de confortables, là où une R6 était une véritable planche qui vous dézinguait les plombages au premier nid de poule. Sur la route, on apprécie le caractère coupleux du moteur, qui offre déjà des performances correctes sans forcer, tandis que la puissance somme toute mesurée permet de prendre du plaisir sans pour autant atteindre des vitesses supersoniques. Et surtout, la R7 est agile et précise  : le train avant donne confiance, elle se place en virage au regard ou d’une simple impulsion sur les repose-pieds. Sur piste, ces qualités se confirment  : avec elle, impossible de rater une trajectoire ou de sortir trop large, tant rejoindre le point de corde est un jeu d’enfant. Alors, certes, la puissance n’est pas débordante (on atteint tout de même assez facilement 190 km/h, tandis qu’il faudra un peu plus d’espace pour aller chercher la vitesse de pointe de 220 km/h), mais on compense en soignant ses entrées en virage, en tirant des trajectoires au cordeau grâce à cette agilité démoniaque et au freinage, excellent, qui ne fait jamais défaut. Une autre qualité pour finir  : l’ergonomie est impeccable, on ne ressent pas de difficultés à bouger sur la moto pour aller poser le genou par terre ni à se reculer sur la selle au freinage pour la stabiliser.

Son point fort  ?
C’est que cette efficacité se fait dans une grande facilité. La R7 se veut accessible à tous et elle l’est vraiment. C’est la sportive sans mode d’emploi, facile au quotidien, marrante sur la route, pédagogue sur circuit. Et pour que tout le monde puisse en profiter, Yamaha la déclinera au printemps 2022 en version A2, tandis que des coupes nationales et un championnat européen permettra aux pilotes en herbe d’aller en découdre. Ça, c’est de la bonne idée, tout comme ce coloris spécial «  60e anniversaire  », qui rend hommage aux motos de GP historiques… On aime !

Le verdict de Stuff 
Elle est franchement réussie en plus d’être unique sur le marché  ! Entre une Kawasaki 650 Ninja plus vieillotte et moins efficace, une Honda CBR 650 R plus puissante, mais plus lourde et plus pointue, et une Aprilia RS 660 nettement plus affûtée mais aussi bien plus chère, la Yamaha R7 règne sur son pré carré et démontre une fois de plus qu’il n’est nul besoin d’une machine très puissante ou très chère pour se faire plaisir !

Les chiffres clé 
Moteur  : 2 cylindres en ligne, refroidi par eau
Cylindrée  : 689 cm3
Puissance  : 73,4 ch à 8750 tr/mn
Couple  : 67 Nm à 6500 tr/mn
Boîte de vitesse  : 6 rapports
Poids  : 188 kilos à sec
Vitesse maxi  : env 220 km/h
0 à 100 km/h  : env. 4,5 secondes
Prix  : partir de 9490 €

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