CES 2019 : On a essayé… Le smarphone pliable Royole FlexPai

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C’est comme la reconstitution des Spice Girls ou l’apocalypse : on sait que cela arrivera un jour, mais quand ? Les smartphones pliables, à force d’en voir depuis des années des concepts en conférence de presse ou dans les laboratoires secrets des marques, nous savions depuis longtemps qu’ils allaient débarquer.  Mais au lieu que ce soit l’un des grands noms qui dégaine en premier, voilà que le premier à sortir nous vient d’une illustre inconnue, la société californienne Royole.

Appelé FlexPai, son premier produit est un combiné 7,8 pouces doté d’un écran Amoled souple, plus fin qu’un cheveu. Ainsi, lorsque vous pliez le téléphone, il se transforme en un smartphone double face avec une charnière formée par l’écran. Si cela semble aussi fou que de parier sur le succès c’un livre comme Harry Potter, c’est parce que c’est le cas. À une époque où la question cruciale au sujet d’un nouveau smartphone est généralement encoche ou pas encoche (passionnant…), le FlexPai est comme une bouffée d’air frais dans un univers de marketing produit. Mais il s’agit bien d’une première tentative, à la fois en termes de forme que de fonctions. Nous avons donc plié ce téléphone pliable et sommes repartis en nous reposant encore plus de questions quant à l’avenir du smartphone…

Conception et affichage : se plier à ma volonté
Par quoi commencer avec un machin pareil ? Sous sa forme la plus simple et facile à prendre en main, ce Royole FlexPai est une tablette à peine plus petite qu’un iPad Mini. L’écran 7,8 pouces propose une résolution de 1920 x 1440 avec un format d’image 4: 3. Un cadre assez discret entoure l’écran, tandis qu’une barre noire plus épaisse sur le dessus ou sur le côté du téléphone abrite les capteurs photo, selon la façon dont vous le tenez.
Cet appareil n’a jamais l’air complètement plat, ce qui est un vrai souci. Nous avons dû résister à la tentation d’appuyer sur la petite bosse au milieu de l’écran, ou de taper dessus à coup de marteau pour l’aplanir. Et bien qu’il s’agisse d’une dalle Amoled, les couleurs semblaient sursaturées. Comparé aux derniers nés de Samsung ou Apple, on est loin du compte, c’est clair.
Mais le vrai plaisir, c’est de pouvoir plier la chose. L’écran du FlexPai est annoncé avec une épaisseur de 0,01 mm et son fabricant le dit incassable. Plus d’écran brisé en tombant au sol ? Le rêve ! Pour l’instant, il ne se plie qu’à moitié (180°), mais Royole nous prédit sous peu une technologie encore plus flexible. Le modèle de deuxième génération devrait se déplier façon en accordéon… On attend de voir cela avec gourmandise !

Un peu plié
Peu importe si un représentant de la société ne cesse de vous répéter que son téléphone peut être plié 200 000 fois – la première fois que vous courbez un téléphone, vous êtes à 100% certain qu’il va se briser contre votre oreille ! Mais ce FlexPai fonctionne vraiment comme annoncé. Son pliage est un exploit. Il tient vraiment dans votre poche de jeans (nous avons essayé), même si le téléphone est plutôt trapu une fois plié, et la charnière caoutchouteuse qui le relie est résolument moche. Mes aimants qui serrent chaque extrémité sont suffisamment puissants pour rendre leur séparation plus difficile que vous ne le voudriez, et il est assez facile d’imaginer que ce FlexPai puisse vous échapper des mains tout en essayant de le faire. Une fois plié, vous disposez donc d’un écran de chaque côté (16: 9 et 18: 9), l’Amoled étant réservé pour les notifications. Même si le résultat final ressemble encore plus à un prototype difficile à manier qu’à un produit prêt à être vendu en boutique, il faut bien reconnaître que cette conception offre certaines caractéristiques assez uniques.

Photo : regardez-moi dans les yeux
Ce FlexPai de Royole est équipé d’un duo de capteur photo 16MP + 20MP relativement peu spectaculaires, un grand angle, un téléobjectif plus un flash. Lors de la démonstration, nous n’avons pas pu prendre assez de photos de test pour tirer des conclusions définitives quant à la qualité d’image. Mais il était possible de tester le double affichage sur le téléphone. Lorsque cette option est activée, la personne que vous photographiez ou filmer peut se voir sur le deuxième écran, afin de s’assurer qu’elle est satisfaite de son apparence. Amusant, non ? Une malédiction ou une bénédiction, selon vos amis, mais clairement une nouveauté.

Performances : plis sous pression
C’est là que le FlexPai pêche vraiment. Malgré 6 Go de RAM et un Snapdragon 855 généralement rapide, ce téléphone est inextricablement buggé et lent à l’usage. Mais pourquoi ? Pourtant, Royole dispose d’une version d’Android 9 Pie rebaptisée Water OS. Mais ce FlexPai semblait n’avoir aucune idée de ce que nous voulions qu’il fasse, ce qui est un peu problématique lorsque vous le pliez et le dépliez. Il a eu par exemple du mal à détecter l’orientation dans laquelle il était censé être placé et les icônes des applications ne parvenaient pas à décider où se placer. Quand elles l’ont fait, elles ont mis trop de temps à s’ouvrir. Pas sûr que quiconque veuille débourser 1388 euros pour le modèle 128 Go, et 1539 euros pour le modèle 256 Go dans ces conditions… La batterie embarquée est une 3800 mAh, la technologie RoCharge proposant 20 % de charge supplémentaire sur les 5 premières minutes, par rapport aux solutions de charge rapide concurrentes. Ce Flexpai propose deux emplacements SIM, un port microSD un port USB Type C.

Royole FlexPai : Premier verdict
Royole pourra toujours dire que son FlexPai aura été le premier smartphone pliable. Cela vaut la peine d’en parler rien que pour cette raison. L’écran pliant est vraiment incroyable, même si le côté soft n’est pas à la hauteur. Il n’est pas non plus agréable à pendre en main ou à regarder : ce n’est vraiment pas une gravure de mode ! Pour l’instant, nous allons garder notre iPhone, notre Galaxy ou notre Huawei, le temps que d’autres marques plus reconnues se décident à franchir le pas.

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