Essai – Peugeot 508 Hybrid, la lionne bipolaire

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Archétype de la grande berline à la française, la Peugeot 508 se met elle aussi à la technologie hybride rechargeable. Nous avons passé une semaine à son volant. C’était bien ? Par Philippe Guillaume

C’est quoi ?
Souvenez-vous  : à sa sortie à l’été 2018, la Peugeot 508 de seconde génération a secoué le cocotier des berlines traditionnelles, jugées (à tort) un peu comme des «  caisses à papa  » dans un monde dominé par des SUV perçus comme plus tendance. Or, si, avant, une 508, c’était franchement mièvre, cette seconde génération était nettement plus stylée, avec un gros effort tant sur la ligne que sur l’identité visuelle (feux à LEDs, trois griffes à l’arrière, dents «  sabre de tigre polaire  » à l’avant). Bref, on aime ou pas, mais ça a une sacrée gueule. Idem à l’intérieur, avec une architecture vraiment singulière dans le monde automobile, doublée d’un bond qualitatif franchement impressionnant.

Justement, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ?
Après deux grosses années de carrière, la 508 revient sur le devant de la scène grâce à la technologie hybride rechargeable. Peugeot la propose d’ailleurs avec deux niveaux de puissance  : tout en haut de la pyramide se trouve la PSE, forte de 360 chevaux et dont nous vous proposerons l’essai prochainement. En attendant, la version Hybrid standard, avec ses 225 chevaux et ses 54 kilomètres d’autonomie théorique sur les batteries n’est en rien un hors d’œuvre au rabais !

Comment ça marche ?
C’est très simple  : le moteur 4 cylindres 1.6 turbo est accompagné de 11,8 kWh de batteries Li-ion (qui ont le mérite de ne pas impacter le volume du coffre), pour alimenter un moteur électrique de 110 ch, pour des valeurs cumulées de 225 ch et 360 Nm de couple. Bien entendu, on dispose de plusieurs modes de conduite (Hybrid, qui gère tout seul le meilleur moyen de déplacer l’auto selon les circonstances, Electric ou Sport), de même que de la possibilité de préserver la batterie pour un futur trajet en ville ou de la recharger en roulant (au prix d’une certaine surconsommation). Bref, du classique.

Et au volant, ça donne quoi ?
Première question  : l’autonomie en mode tout électrique  ? Au lieu des 54 km annoncés, j’ai fait 38 kilomètres avec chauffage et radio, ce qui est un peu dans la norme… Par contre, on constate que quand les batteries sont supposément vides, en fait, il y en a encore et le freinage régénératif permet de récupérer du boost assez souvent. Preuve étant de ma conso de 4,3 l/100 en moyenne, en ayant rechargé trois fois dans la semaine. Pas mal, non  ? D’autant que l’on retrouve les qualités d’une 508  : l’intérieur atypique est à la fois chaleureux, confortable et bien agencé, les touches de raccourci «  piano  » en dessous de l’écran central vous facilitent la vie et si le petit volant demande un peu d’habitude, on s’y fait très vite. Rien à dire sur la qualité de la sellerie, du confort des suspensions ou de l’insonorisation  : on voyage en première classe, ne seraient-ce quelques petits à-coups de boîte de vitesse, notamment en ville à faible allure. Et le comportement est aussi stable que serein. Par contre, que les 225 ch annoncés ne vous fassent pas vibrer inutilement  : elle n’a rien de sportif. C’est d’ailleurs pour cela que l’on va demander à prendre le volant de la version PSE de 360 chevaux !

Son point fort ?
Sérénité, facilité, confort, frugalité, polyvalence  : pas mal, non  ? Ajoutez à cela un parti-pris esthétique poussé au bout, franchement séduisant, et la possibilité de disposer d’une version break (SW), et la 508 Hybrid devient d’autant plus séduisante, et pas uniquement par sa fiscalité douce… Par contre, on ne le répétera jamais assez  : une hybride rechargeable ne fait sens que si l’on a la capacité de recharger souvent, ce que la 508 permet de faire assez rapidement avec la possibilité d’intégrer un chargeur 7,4 kW. Sinon, sur une prise domestique classique, il faudra compter de 5 à 10 heures selon que ça dépote ou non…

Le verdict de Stuff 
Elle constitue une offre unique sur le marché des autos made in France  : sans équivalente chez Renault, Citroën ou DS, la 508 Hybrid permet à ceux qui veulent rouler «  patriotique  » de trouver une auto efficace et fiscalement intéressante, sans renier le style, le confort ni le plaisir de conduite. On aime.

Les chiffres clé 
Moteur  : 4 cylindres en ligne, turbo + moteur électrique
Cylindrée  : 1598 cm3
Puissance  : 225 ch à 6000 tr/mn
Couple  : 360 Nm à 3000 tr/mn
Boîte de vitesse  : automatique, 8 rapports
Poids  : 1764 kilos
Vitesse maxi  : 230 km/h
0 à 100 km/h  : 8,2 secondes
Conso officielle / de l’essai  : 1,4 l/100 / 4,3/100
Prix  : gamme 508 de 35.300 €, versions Hybrid à partir de 46.500 €

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