Essai – Lexus RC F Track Edition : raffinée et performante

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Non, Lexus ne fait pas que des SUV, des hybrides ou des taxis (hybrides aussi). Il reste chez le constructeur japonais une tradition de voitures hautes performances, honorée par la RC F Track Edition, un pur collector en puissance. Par Philippe Guillaume

C’est quoi ?
Vous avez entendu parler de la ligne GT3 chez Porsche ou Club Racer chez Lotus  ? Eh bien, Lexus lance sa Track Edition  : basée sur le coupé de grand tourisme RC F, il s’agit d’une série ultra limitée, à 181 exemplaires pour le monde, dotée d’éléments qui la rendent à la fois plus performante, exclusive et désirable. On la reconnaît au premier regard  : elle est gaulée comme une voiture de course  ! On a ainsi sur cette RC F Track Edition un capot en carbone, un toit en carbone et un gros aileron en carbone (plus bas de caisse, lame avant, diffuseur arrière…). Voilà qui permet d’économiser du poids et le poids, c’est l’ennemi de toute auto performante. Ca continue avec les freins céramique (22 kilos de moins que l’acier, pour l’ensemble) pincés par de magnifiques étriers rouge, les jantes forgées (près de 3 kilos de moins par rapport aux roues standard) et, pour finir, l’échappement en titane dont les quatre sorties scintillent d’une teinte bleutée (moins 7 kilos). Voilà qui décuple le feeling et les sensations au volant… Ce n’est pas la première fois que Lexus se surpasse  : les fans d’autos se souviennent de la LFA, l’une des supercars les plus impressionnantes de l’année 2010 !

Et sous le capot ?
C’est le vestige d’une techno un peu à l’ancienne, mais tellement savoureuse  ! Lexus a conservé un bon gros V8 atmosphérique de 5 litres, aux performances renversantes (464 ch, 53 m/kg de couple) et bien desservi par une boîte automatique à 8 rapports. Discret à bas régime, presque silencieux, il est le parfait compagnon du quotidien ou des voyages apaisés. Sur autoroute, il ronronne à 2000 tr/mn à 130 en 8ème, dans le lointain et calme feulement du V8. Puis, entre 3 et 4000 tr/mn, la donne change. Le registre de l’échappement change du tout au tout. Ca chante, ça gronde, ca démontre une sacrée allonge, une belle vivacité et une solide consistance jusqu’à plus de 7000 tr/mn. Dans un monde automobile où l’on taxe tout ce qui roule et où l’on nous présente le tout électrique comme la Vérité, souvenons-nous longtemps des sensations brutes apportées par ce genre d’autos, peu importe qu’en conduite très sportive, la boîte auto marque un peu le pas en termes de réactivité, même gérée par les palettes au volant.

Et à l’intérieur ?
Elle a beau être dotée d’attributs guerriers, cette RCF Track Edition n’a, en réalité, rien de la voiture de course spartiate, raide et dépouillée, comme certaines de ses concurrentes. On passera sur le système d’info-divertissement et la commande par pavé tactile qui commence à accuser un coup de vieux par rapport à la concurrence pour retenir l’essentiel  : revêtus d’Alcantara rouge, les sièges baquet sont aussi bons en maintien qu’en confort. L’équipement est complet, avec différents modes de conduite et un gros compte-tours central. L’insonorisation en usage tourisme est excellente, le confort de suspensions reste prévenant pour un engin à vocation sportive. Enfin, la banquette arrière conviendra à deux ados… Détail qui tue  : la petite montre analogique au centre de la console centrale, une attention chic, que Lexus partage avec Maserati ou Bentley…

Au volant, ça donne quoi ?
Un vrai plaisir, car ce que l’on constate d’abord, c’est sa grande facilité de conduite, une bonne visibilité périphérique en ville et lors des manœuvres, avant de succomber sur ses aptitudes au grand tourisme. Ensuite, quand on titille le V8, on se rend compte que la réglementation et les conditions de circulation en permettent pas d’en tirer réellement tout le potentiel, mais les dépassements se font en un éclair, le relances sont du genre express et la force dans les tours ne peut que donner le sourire. Bref, malgré ce gros aileron dont les pieds en carbone scintillent dans le rétroviseur, voici une auto luxueuse et polyvalente.

Son point fort ?
Elle est ultra performante, mais se veut radicale tout en restant raisonnable. Un positionnement assez à part dans le monde des autos très haut de gamme qui illustre, un peu comme dans l’horlogerie, toute la subtilité des créations japonaises. Certes, on apprécie les performances de feu, mais, au-delà de son look tranché, c’est surtout le spectre de ses compétences qui épate. Voilà une auto qui s’adresse aux passionnés en quête d’exclusivité…

Le verdict de Stuff 
Si votre voisin a une Porsche 911 et votre beau-frère une Mercedes AMG, faites preuve d’originalité avec cette RC F Track Edition  : le carbone scintille, le confort est de haut niveau et les performances n’ont pas à rougir. Le gros V8 atmo se savoure en toutes circonstances et question rareté, elle se pose là !

Les chiffres clé 
Moteur 8 cylindres en V, 4969 cm3
Puissance  : 464 ch à 7100 tr/mn
Couple  : 530 Nm à 4800 tr/mn
Boîte de vitesse  : automatique, 8 rapports
Poids  : 1715 kilos
Vitesse maxi  : 270 km/h
0 à 100 km/h  : 4,8 secondes
Conso officielle / de l’essai  : 11,8 l/100 / 14 l/100
Prix  : 119 900 €

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