Essai – Jaguar I-Pace : la rupture

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Jaguar I-PACE Global Drive, Portugal, 2018

On imagine que Jaguar, vénérable firme britannique, entretient la tradition avec application. Il n’en est rien, et cette I-Pace, 100 % électrique, montre que la rupture, ça a du bon ! Par Philippe Guillaume

C’est quoi ?
Il lui reste quelques semaines de règne ! Comme les Miss France qui ne représentent le summum de la beauté que pendant un an, l’auto qui est élue « voiture de l’année » ne peut se prévaloir de son titre que pendant 12 mois. Cela a été le cas de la Jaguar I-Pace, heureuse conquérante du très convoité titre de « voiture de l’année » 2019, décerné pour la seconde fois à une auto électrique (après la Nissan Leaf de 2011), mais cela faisait bien longtemps qu’une marque de prestige ne l’avait pas obtenu. Voici qui illustre à quel point Jaguar, avec cette I-Pace, sort de sa zone de confort, après avoir été pendant des décennies l’incarnation d’une sorte de charme anglais intemporel, à base de limousines stylées, de fauteuils club en cuir profond et de planches de bord en bois massif…

Concrètement, comment ça se passe ?
C’est très simple : la I-Pace embarque deux moteurs électriques, l’un sur le train avant et l’autre sur le train arrière. Les performances sont vraiment de haut niveau : avec 400 ch et 696 Nm de couple, si la vitesse de pointe est limitée à 200 km/h, le 0 à 100 se couvre en 4,8 secondes  : préparez-vous à avoir le dos incrusté au siège à chaque accélération un peu sérieuse. Si, par rapport à ses concurrentes (Audi e-tron 55 quattro et Mercedes EQC, notamment), Jaguar n’a pas ouvertement choisi une carrosserie SUV (malgré tout, si elle est large et basse, son long empattement de 2,94 m reste garant d’une belle habitabilité), les gênes du groupe n’ont pas été oubliés. Le cousin Land Rover a donné quelques attributs  : la I-Pace reste une quatre roues motrices, possède une hauteur de caisse variable et un système de contrôle de la vitesse en descente, dès fois que l’on doive passer à travers bois !

Et à l’intérieur ?
Là aussi, il faut oublier tous les clichés que l’on avait à propos de Jaguar. C’est peut être un peu dommage, d’ailleurs. Les écrans numériques sont présents, l’intérieur est design et épuré à la fois et l’équipement de haut niveau. On apprécie la sono haut de gamme, un peu moins quelques détails de finition en plastique (les commandes de lève-vitres, par exemple, moins valorisantes que la concurrence).

Et au volant, ça donne quoi ?
Cela donne plein de bonnes choses. D’abord, comme toute électrique, c’est le silence et la douceur que l’on apprécie au quotidien. Mais Jaguar n’a pas renié son histoire sportive et la I-Pace, l’air de rien, est la plus communicative des autos électriques premium. Déjà, la position de conduite est plus basse et, bien calé dans des sièges en cuir (un peu fermes, d’ailleurs), on fait parfaitement corps avec l’auto. On peut en effet aimer l’électrique et aimer conduire en même temps  ! Les accélérations sont les plus vives et Jaguar a même imaginé un générateur de son, certes artificiel, mais parfaitement bien calibré, à mi-chemin entre la voiture de sport et le vaisseau spatial. Ca a l’air de rien, mais cela participe au plaisir de conduite.

Son point fort ?
Il est double  : le plaisir de conduite reste réel, et la Jaguar vous isole moins de la route qu’une Audi e-tron par exemple. De plus, son tarif d’accès (à partir de 79990 €) et celui des versions mieux équipées reste un poil plus accessible que la concurrence. Enfin, ayant essayé les trois (Audi, Mercedes, Jaguar) dans la foulée et dans les mêmes conditions, c’est la I-Pace qui offrait la meilleure autonomie  : s’agissant d’une auto électrique, l’argument est essentiel.

Le verdict de Stuff
Cette Jaguar du nouveau monde mélange les genres. Mi coupé mi SUV, sportive et puissante, mais douce à la demande et ayant des aptitudes «  tout-terrain  » au besoin, elle surprend son monde. De plus, c’est la plus gratifiante à conduire, la plus efficace énergétiquement et son tarif reste un rien plus amical  : bref, de loin le meilleur choix, et pas la voiture de l’année par hasard !

Les chiffres clé 
Moteur  : 2 moteurs électriques synchrones
Puissance  : 400 ch
Couple  : 696 Nm
Boîte de vitesse  : continue, 4 roues motrices
Poids  : 2565 kilos
Vitesse maxi  : 200 km/h
0 à 100 km/h  : 4,8 secondes
Conso officielle / de l’essai  : 22 kWh /100 / 30 kWh/100
Prix  : gamme à partir de 79.990 €

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