Essai – Jaguar F-Type R : L’esprit de la Type E !

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Profitons de ces derniers instants où les coupés de grand tourisme nous régalent encore de moteurs V8 parfaitement organiques. On s’en souviendra avec une profonde émotion, quand on sera au tout électrique… Par Philippe Guillaume

C’est quoi ?
Impossible de commencer cet article sans vous parler de la Jaguar Type E, une auto qui fit sa propre révolution en débarquant au salon de Genève, au printemps 1961. Par ses lignes stupéfiantes pour l’époque, avec un capot long, presque phallique, un arrière ramassé, une élégance intemporelle, elle s’attira un public de fans, d’autant que le charme de son six cylindres et ses performances impressionnantes lui permettait de survoler la route, à l’époque où la jet-set allait de Brighton à la Riviera d’une traite, sur des autoroutes à la vitesse non limitée. Plus que tout autre, la Type E incarna cet esprit du grand-tourisme, et fut produite à plus de 72500 exemplaires, jusqu’en 1975. La F-Type, à bien des égards, et pas que sur le plan esthétique, lui rend hommage.

Et sinon ?
Il ne vous aura pas échappé, en connaisseur que vous êtes, que nous en sommes à la troisième génération de F-Type, ce coupé (et cabriolet) sportif apparu en 2013, à la fois pour reprendre l’héritage de la Type E et opposer une concurrence sérieuse à la Porsche 911. Cette troisième génération se distingue par des optiques sérieusement affinées à l’avant, faisant appel à des LEDs matriciels, tandis que les optiques arrière évoluent et s’étirent eux aussi. L’intérieur évolue peu, mais intègre toutefois un nouvel et grand écran d’info-divertissement, de 12,3’’. Et le reste des évolutions se trouve sous le capot.

Et sous le capot ?
La précédente version V6 (qui offrait 340 ou 380 ch) disparaît et l’offre se retrouve aujourd’hui concentrée en deux moteurs et trois niveaux de puissance. La F-Type commence par s’offrir avec un 4 cylindres 2.0 de 300 ch, compétant mais manquant un rien de personnalité. Les épicuriens iront donc sur le V8, disponible avec 450 ch, ou comme dans le cas de notre version R, 575 chevaux grâce à l’aide d’un compresseur. Ce moteur vient forcément avec une boîte auto à 8 rapports et les quatre roues motrices.

 

Et au volant, ça donne quoi ?
C’est forcément un grand moment. Par rapport aux versions précédentes, le V8 démarre de manière plus discrète que par le passé, sauf à activer les clapets de l’échappement sport. Ensuite, parfaitement calé dans des sièges en cuir, on découvre une auto qui montre deux visages. En mode balade, elle se révèle douce et presque confortable. Le grand volant commande une direction assez démultipliée, la boîte est fluide, le gros V8 ronronne à peine au-dessus de 1000 tr/min, en balade, à 100 km/h, l’auto est presque silencieuse et la sono est bonne. On est bien. Ensuite, eh bien disons que le félin ne demande qu’à sortir ses griffes, et qu’elles sont solides  ! Basculez sur le mode sport et vous obtenez une auto qui, dès lors, tient du dragster. Disons-le clairement  : son niveau de puissance est inexploitable sur route ouverte, mais si vous trouvez de l’espace, alors vous aurez la nuque incrustée dans le siège à chaque accélération, avec une allonge proprement sidérante, d’autant que par rapport à la version précédente, les suspensions ont été améliorées et les quatre roues motrices apportent une motricité qui est sans faille, enfin  ! Et pour les sensations, le V8 gronde, hurle, rugit, claque à la décélération, tandis que les rapports se montent aux palettes en vous balançant un solide à-coup dans les reins. C’est décadent, mais c’est terriblement bon. Entre ces petits moments récréatifs, la F-Type R se révèle une redoutable voyageuse.

 

Son point fort ?
Outre son look qui fait tourner les têtes, la F Type R rend hommage à un certain art de vivre automobile qui a, très certainement, trouvée son apogée dans les années 60 grâce à la type E. Et le fait d’avoir le choix entre coupé et cabriolet la rend encore plus excitante.

Le verdict de Stuff 
Ce coupé exclusif offre toujours un plaisir de conduite immense. A son volant, la douceur et le raffinement laissent place en un instant à des performances proprement explosives. Les quatre roues motrices de cette version R apportent un vrai plus en termes de sécurité.

Les chiffres clé 
Moteur 8 cylindres en V, 5000 cm3, compresseur
Puissance  : 575 ch à 6500 tr/mn
Couple  : 680 Nm à 3500 tr/mn
Boîte de vitesse  : automatique, 8 rapports, 4 roues motrices
Poids  : 1730 kilos
Vitesse maxi  : 300 km/h
0 à 100 km/h  : 3,7 secondes
Conso officielle / de l’essai  : 10,9 l/100 / 14,2 l/100
Prix  : gamme à partir de 64.490 € (à partir 126.400 € pour notre modèle d’essai)

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