Avec son LiDAR 3D, sa caméra et une cartographie étonnamment précise, le Mova LiDAX Ultra 1000 veut rendre la tonte autonome vraiment simple. Après deux semaines dans un vrai jardin, la promesse est largement tenue, même si ce jardinier à 999 € n’aime pas beaucoup patauger dans la boue. Le plus beau progrès réalisé par les robots tondeuses n’est peut-être pas de mieux couper l’herbe. C’est de nous épargner enfin cette absurdité qui consistait à acheter un robot autonome puis à passer l’après-midi à enterrer un câble pour lui expliquer où aller.

Avec le LiDAX Ultra 1000, Mova choisit une solution autrement plus élégante. Son système UltraView 2.0 combine un LiDAR 3D à 360° et une caméra HDR 1080p assistée par intelligence artificielle. Pas de câble périphérique, pas d’antenne RTK et pas de carte SIM obligatoire : on installe sa petite station de charge, on connecte le robot à MOVAhome et on lui présente le jardin.
L’installation est franchement réussie. La station se monte rapidement et la configuration initiale ne prend qu’une dizaine de minutes. Si les limites de votre pelouse sont suffisamment claires, le LiDAX peut les détecter automatiquement. Dans un jardin plus compliqué, on prend momentanément les commandes depuis le smartphone et on le pilote comme une petite voiture télécommandée afin de tracer précisément son territoire.
Ce petit effort initial vaut la peine. Une fois la carte enregistrée, le Mova sait remarquablement bien où il se trouve. Sur terrain sec, ses trajectoires en U sont précises, les bandes restent régulières et les passages étroits ne le perturbent guère. Le LiDAR possède en outre un avantage appréciable : il continue de travailler lorsque la luminosité baisse et ne dépend pas d’une vue parfaitement dégagée du ciel comme certaines installations RTK.

Mova n’a pas non plus oublié qu’un vrai jardin contient rarement uniquement de l’herbe. La caméra et l’intelligence artificielle viennent compléter le LiDAR pour identifier ce qui apparaît sur le trajet. Chiens, arrosoirs, chaises ou tuyau d’arrosage sont correctement détectés : le robot ralentit et les contourne avec une prudence assez rassurante. Il reste toutefois perfectible face aux petits objets très bas. Une balle de tennis peut lui passer sous le nez et même un ballon peut occasionnellement être poussé plutôt qu’évité. Avant de lancer la tonte, mieux vaut donc continuer à ramasser les petits jouets. Le robot est intelligent, mais pas encore baby-sitter.
La coupe, heureusement, est très convaincante. Sous la machine, un plateau flottant de 20 cm accueille trois petites lames pivotantes. La hauteur se règle électroniquement entre 30 et 100 mm et le résultat obtenu est homogène, sans parcelles manifestement oubliées. UltraTrim 1.0 apporte une idée particulièrement intéressante : le plateau se décale latéralement lorsqu’il longe une bordure afin de couper jusqu’à environ 5 cm de celle-ci. Cela réduit considérablement les finitions, sans toutefois faire complètement disparaître le coupe-bordure. Et il existe une petite bizarrerie : lorsque UltraTrim entre en action, la hauteur passe automatiquement à 3 cm. Si vous aimez conserver une pelouse plus haute, une légère différence peut donc apparaître le long des contours.

Le principal défaut du LiDAX Ultra 1000 se trouve plutôt sous ses ailes. Contrairement aux versions AWD de Mova, nous avons ici deux grandes roues motrices crantées à l’arrière et deux petites roulettes libres à l’avant. Sur une pelouse sèche et ferme, aucun problème. Le robot avance correctement, négocie les petits dénivelés et Mova annonce des pentes jusqu’à 45%. Mais dès que la terre devient meuble ou humide, les demi-tours sont moins élégants. Les roues arrière doivent faire pivoter les 13,8 kg de la machine et peuvent légèrement creuser le terrain. Dans les angles serrés ou les zones peu engazonnées, quelques traces deviennent visibles. Segway et certains modèles Roborock réalisent des rotations plus délicates. Voilà le prix à payer pour une architecture mécanique plus simple.

L’application MOVAhome est, elle, particulièrement complète. On peut créer différentes zones, modifier individuellement la hauteur de coupe, choisir l’orientation des passages, programmer des calendriers différents selon les saisons, ajuster la distance d’évitement ou encore dessiner des motifs croisés et en damier. La carte peut même être visualisée en 3D. Il y a presque trop de réglages pour celui qui voulait simplement ne plus sortir sa tondeuse, mais l’ensemble reste logique. On retrouve d’ailleurs clairement l’ADN de Dreame, Mova appartenant au même groupe et MOVAhome reprenant une bonne partie de la philosophie de DreameHome.
La caméra réserve même une petite surprise : depuis l’application, il est possible de piloter le LiDAX à vue, de lui demander de photographier certains obstacles ou de recevoir une alerte lorsqu’une personne est détectée dans le jardin. Amusant et parfois utile, mais ne jetez pas votre caméra de surveillance : la qualité d’image reste avant tout pensée pour permettre au robot de naviguer.

On regrette davantage que la localisation antivol 4G nécessite un module Link vendu séparément autour de 249 €. À 999 € le robot, nous aurions aimé le trouver directement à bord. L’autonomie tourne autour d’une heure, avec un temps de recharge similaire. Ce n’est pas spectaculaire, mais le retour automatique à la station rend finalement la question assez secondaire : le LiDAX travaille pendant que vous faites autre chose, ce qui est précisément le principe.
Et il travaille plutôt bien. Sa largeur de coupe de seulement 20 cm ne fera pas de lui le champion de vitesse des grandes propriétés, les terrains détrempés mettent ses roues arrière à l’épreuve et la détection des très petits objets mérite encore quelques progrès. Mais ces limites sont largement compensées par la précision de sa navigation, la qualité de coupe et surtout sa remarquable simplicité d’installation.

Le Mova LiDAX Ultra 1000 réussit ainsi quelque chose d’assez important : faire oublier une bonne partie de la technologie qu’il embarque. On le pose, on lui montre son jardin et on le laisse travailler.

À 999 €, ce n’est pas simplement un robot qui sait tondre. C’est surtout un robot qui commence enfin à comprendre qu’avant de nous promettre un jardin autonome, il fallait d’abord arrêter de nous demander de l’installer à sa place.
