Le ROMO P2 conserve son allure de petit vaisseau spatial, mais devient nettement plus agile. De quoi donner quelques sueurs froides à la concurrence. Quand DJI a annoncé son arrivée sur le marché des robots aspirateurs, on aurait pu croire à une diversification un peu opportuniste. Après tout, passer des drones aux serpillières n’a rien d’une évolution naturelle. Sauf que la marque chinoise possède une expertise précieuse dans un domaine essentiel pour un aspirateur autonome : savoir exactement où il se trouve et ce qui l’entoure. Le premier ROMO avait d’ailleurs surpris par la précision de sa navigation et ses excellentes performances de nettoyage. À peine un an plus tard, DJI remet le couvert avec le ROMO P2. Et plutôt que de réinventer une formule qui fonctionnait déjà très bien, le constructeur s’est concentré sur les petits détails qui font une grande différence au quotidien.

Enfin, petits détails… Quand votre aspirateur commence à déployer un bras articulé pour aller nettoyer sous le réfrigérateur, on dépasse quand même légèrement le stade de la simple mise à jour.
Toujours aussi transparent, et futuriste
Le ROMO P2 conserve ce qui faisait immédiatement reconnaître son prédécesseur : une coque transparente laissant apparaître une partie de ses composants internes. Un choix esthétique inhabituel dans un univers dominé par les traditionnels disques blancs ou noirs. L’ensemble ressemble toujours à un petit véhicule d’exploration spatiale. DJI a simplement adouci certains contrastes, abandonnant une partie des accents gris et orange du premier modèle au profit de tonalités plus claires. Le résultat reste particulièrement réussi, notamment pour un appareil dont la station d’accueil est destinée à rester visible dans une pièce.
On regrette toutefois que DJI n’ait toujours pas trouvé de solution élégante pour dissimuler le câble d’alimentation derrière cette station. Sur un aspirateur classique, ce détail passerait probablement inaperçu. Sur un appareil qui soigne autant son apparence, ce fil noir qui pend librement fait un peu désordre. Avec ses 9,8 cm de hauteur, le robot conserve également un gabarit relativement important. Il se glissera sous de nombreux meubles et canapés, mais certains modèles concurrents sont désormais sensiblement plus fins.

En revanche, son nouveau châssis lui permet de se déplacer avec davantage de souplesse. Les roues opposent moins de résistance et les bruits mécaniques deviennent particulièrement discrets. Sur un parquet, on entend davantage le roulement de l’appareil que ses moteurs. Une amélioration appréciable lorsqu’on laisse travailler son aspirateur pendant que l’on profite tranquillement de son salon.
La navigation DJI fait encore des merveilles
C’est probablement le domaine dans lequel l’expérience de DJI se remarque le plus. Le ROMO P2 combine deux caméras fisheye avec plusieurs capteurs LiDAR et ToF pour analyser son environnement. Il cartographie rapidement les pièces, identifie les obstacles et organise ses déplacements avec une précision impressionnante. L’application DJI Home accompagne efficacement la première installation. Elle reconnaît rapidement le robot et propose une interface claire pour gérer les différentes pièces, définir des zones interdites ou personnaliser les programmes de nettoyage. Autre bonne nouvelle : le Wi-Fi fonctionne aussi bien en 2,4 GHz qu’en 5 GHz, ce qui évite certaines manipulations agaçantes avec les routeurs domestiques.
DJI propose également des réglages spécifiques pour les propriétaires d’animaux. Il devient possible d’identifier leurs espaces, d’adapter l’évitement des obstacles ou d’augmenter l’intensité du nettoyage dans les zones où s’accumulent poils et litière. Mais c’est surtout en mouvement que le ROMO P2 impressionne. Il longe les meubles avec une grande précision, contourne les objets sans multiplier les contacts et semble rarement hésiter sur le chemin à emprunter. Les câbles fins, les chaussettes abandonnées et les petits objets du quotidien sont mieux identifiés. DJI annonce également une reconnaissance améliorée des surfaces transparentes, traditionnellement difficiles à détecter pour les robots aspirateurs.

Tout n’est évidemment pas parfait. Certaines configurations particulières, notamment les meubles suspendus dont la partie inférieure descend progressivement vers le sol, peuvent encore tromper les capteurs. Heureusement, quelques secondes dans l’application suffisent à créer une zone interdite. Le système d’éclairage a lui aussi été retravaillé : désormais placé plus bas, il illumine plus uniformément le sol et facilite la détection des obstacles dans les endroits sombres.
Et lorsque le ROMO P2 rencontre un seuil de porte, il dispose d’un autre argument : ses petites jambes mécaniques. Elles lui permettent théoriquement de franchir des obstacles simples jusqu’à 4 cm et des seuils à deux niveaux atteignant 8,5 cm au total. C’est une progression considérable par rapport aux 2,5 cm annoncés pour son prédécesseur, même si les performances réelles dépendront naturellement de la forme des obstacles.
36 000 Pa : la puissance ne fait pas tout
DJI annonce désormais une aspiration maximale de 36 000 Pa, contre 25 000 Pa sur le premier ROMO. Sur le papier, la progression est spectaculaire. Dans la pratique, elle est beaucoup moins évidente. Non pas parce que le ROMO P2 manque de puissance, bien au contraire, mais parce que son prédécesseur aspirait déjà remarquablement bien. Sur les sols durs comme sur les tapis, les performances restent excellentes. Poussières, miettes et saletés courantes sont efficacement éliminées, sans qu’il soit nécessaire de multiplier systématiquement les passages.

La gestion des tapis progresse également. Le robot identifie rapidement le changement de surface et adapte immédiatement son aspiration. Surtout, il relève suffisamment ses serpillières pour éviter de mouiller les fibres, y compris sur certains tapis épais. Un détail important, car le premier ROMO pouvait parfois laisser ses patins effleurer les surfaces textiles.
Les cheveux longs ne semblent pas davantage lui poser problème. Sa brosse principale, divisée en deux parties, guide les cheveux vers l’aspiration plutôt que de les laisser s’enrouler autour de son axe. C’est toujours agréable de découvrir qu’un aspirateur peut nettoyer la maison sans vous demander ensuite de passer vingt minutes à nettoyer son aspirateur.

Un bras articulé qui change vraiment le nettoyage
Mais la véritable nouveauté du ROMO P2 se trouve ailleurs. C’est probablement l’amélioration la plus intéressante de cette deuxième génération. Le premier ROMO disposait déjà d’une serpillière extensible pour atteindre les plinthes. Le ROMO P2 va beaucoup plus loin avec un bras articulé guidé par son propre capteur LiDAR. Ce bras peut pivoter jusqu’à 123 degrés et s’étendre latéralement sur 12,4 cm, soit 7,8 cm de plus que sur la génération précédente. Dit comme cela, on pourrait croire à une énième prouesse technique destinée à enrichir une fiche produit. Sauf qu’en pratique, le résultat est particulièrement intéressant.
Lorsque le robot longe un mur, sa serpillière suit précisément le contour des plinthes. Autour des pieds de table ou des meubles, elle adapte continuellement sa position pour nettoyer au plus près des obstacles. Mieux encore, le bras peut atteindre des espaces dans lesquels le robot lui-même ne peut pas entrer. Imaginez le petit renfoncement sous la porte d’un réfrigérateur ou sous un meuble de cuisine : là où un aspirateur classique doit abandonner, le ROMO P2 peut simplement déployer sa serpillière et poursuivre son travail. C’est un peu comme si votre aspirateur avait enfin compris qu’il possédait des bras.

Les angles parfaitement droits restent néanmoins difficiles à nettoyer intégralement. Même avec une serpillière articulée, la forme circulaire du robot impose certaines limites. Quant au lavage lui-même, il demeure très efficace sur les salissures habituelles, avec une humidification homogène du sol. Les taches incrustées peuvent demander plusieurs passages et les plus résistantes nécessiteront toujours une intervention manuelle. Le robot sait également identifier les liquides renversés et adapter son comportement pour éviter de les étaler avec ses roues ou ses brosses. Un système intelligent, même si l’on n’est pas encore au stade où il pourra ramasser votre verre de jus d’orange renversé et vous en servir un autre.
Une station qui travaille presque autant que le robot
La station du ROMO P2 ne se contente pas de recharger son occupant. Elle aspire automatiquement la poussière collectée, nettoie les serpillières et les sèche après utilisation. DJI a également revu la conception de son plateau de lavage. Celui-ci bénéficie d’un revêtement présenté comme moins adhérent aux saletés, tandis que quatre buses haute pression dirigent les résidus vers une évacuation élargie. DJI annonce ainsi jusqu’à 365 jours sans nettoyage manuel du plateau.
Attention toutefois à ne pas confondre cette promesse avec une année entière sans entretien. Il faudra toujours remplir le réservoir d’eau propre, vider celui des eaux usées et remplacer les consommables lorsque cela devient nécessaire. L’autonomie de la station concerne essentiellement son propre système de lavage. Le ROMO P2 ajoute aussi plusieurs fonctions d’hygiène, notamment un système de désodorisation des sols, un éclairage UV dans le compartiment du sac à poussière et des possibilités de séchage supplémentaires.

Le résultat est une station particulièrement complète, qui limite les manipulations quotidiennes sans les faire totalement disparaître. La consommation d’eau peut notamment devenir importante lorsque l’on nettoie fréquemment de grandes surfaces. Selon la superficie et le programme choisi, un remplissage peut être nécessaire après un seul cycle. La vidange automatique du collecteur reste également bruyante, mais heureusement cette opération ne dure que quelques instants.
Une autonomie confortable et quelques détails à revoir
Sur une surface d’environ 75 m², un cycle complet en mode standard peut demander approximativement 90 minutes tout en conservant près de la moitié de la batterie. Une réserve confortable pour les logements plus grands, même si la durée dépendra naturellement de la configuration des pièces et du programme utilisé. La recharge complète prend environ deux heures et demie, avec une puissance pouvant atteindre 55 W. Le robot profite également de ses retours à la station pour récupérer un peu d’énergie pendant le nettoyage des serpillières.
L’application DJI Home reste agréable à utiliser, mais quelques fonctions méritent encore d’être peaufinées. L’accès à la caméra embarquée peut notamment présenter un léger délai de connexion. Cette observation ayant été réalisée avec une version bêta de l’application, difficile de savoir si elle concerne réellement le matériel ou simplement le logiciel. DJI a renforcé la protection de cet accès vidéo en remplaçant le simple code PIN par un mot de passe.

La marque annonce également un mode de fonctionnement local, prévu pour la fin 2026, qui devrait permettre d’utiliser l’application sans connexion Internet tout en conservant les données localement. Une évolution intéressante pour un appareil équipé de caméras et destiné à circuler librement dans l’intimité du domicile.
Faut-il remplacer son premier ROMO ?
C’est finalement la question que pose cette deuxième génération. Le DJI ROMO P2 est incontestablement plus abouti que son prédécesseur. Sa navigation reste parmi ses grandes qualités, ses déplacements sont plus fluides, la détection des obstacles progresse et la gestion des tapis devient encore plus efficace. Son aspiration de 36 000 Pa impressionne sur la fiche technique, mais ne transforme pas radicalement l’expérience : le premier ROMO disposait déjà d’une puissance largement suffisante pour la plupart des situations.
En revanche, le nouveau bras articulé apporte une amélioration immédiatement compréhensible. Il nettoie plus loin, épouse mieux les contours et atteint des zones auparavant inaccessibles. C’est précisément ce type d’innovation qui rend un robot aspirateur plus utile, plutôt que simplement plus impressionnant. Reste une station relativement encombrante, un robot pas particulièrement fin et quelques détails de finition qui auraient mérité davantage d’attention.

Pour les propriétaires du premier ROMO, le passage au P2 n’a donc rien d’indispensable. Les améliorations sont réelles, mais ne justifient pas forcément de remplacer un appareil encore très performant. Pour ceux qui découvrent la gamme, en revanche, le ROMO P2 constitue une proposition particulièrement séduisante. Il combine une navigation d’une grande précision, une aspiration puissante et un lavage des sols qui s’aventure enfin au-delà du simple passage d’une serpillière sous un disque.
DJI avait déjà prouvé qu’un spécialiste des drones pouvait fabriquer un excellent aspirateur. Avec le ROMO P2, la marque démontre surtout qu’elle sait lui apprendre de nouveaux mouvements. Et lorsqu’on voit ce petit vaisseau transparent déployer son bras pour aller nettoyer sous un meuble, on se dit que la robotique domestique commence sérieusement à devenir amusante.
