Essai – Toyota Mirai : et si l’auto du futur, c’était elle ?

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L’électrique, c’est l’avenir, nous dit-on. Un discours qui nous est asséné en cascade, mais qui en laisse quelques-uns dubitatifs. Et si l’avenir, c’était l’hydrogène, comme tente de nous le démontrer, avec brio, cette Toyota Mirai de seconde génération ? Par Philippe Guillaume

C’est quoi ?
L’électrique, c’est sympa, mais ça pose quand même de sérieuses questions quant à la capacité et au temps de recharge de ces chères autos «  green  ». Sur ce point, l’hydrogène apporte une solution imparable  : avec un plein fait en quatre ou cinq minutes, on repart en silence, les moteurs électriques chargés à bloc, en ne rejetant que de la vapeur d’eau  ! Idéale sur le papier, cette solution n’est pas encore éprouvée à grande échelle. Mais c’était le rôle de Toyota qui, comme on le sait, est à la fois le précurseur et l’acteur majeur de la technologie hybride, avec la Prius et tous ses dérivés, de défricher de nouvelles pistes en matière de mobilité plus propre. Saluons donc l’arrivée de la Mirai de seconde génération.

Justement, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ?
Tout  ! La première Mirai, apparue en 2014, était intéressante techniquement, mais avait un look qui faisait penser au croisement entre une Prius et un beluga et franchement, ça faisait peur. La nouvelle est infiniment plus élégante et fait même penser par certains aspects, à une Audi A7, ce qui n’est pas un mince compliment. Ce n’est pas tout  : la plateforme, les soubassements, la disposition des réservoirs à hydrogène, la technologie du moteur électrique, l’aménagement intérieur  : tout sur cette Mirai de seconde génération est nouveau et franchement, l’évolution est plus que considérable !

Et sous le capot ?
Toyota n’a pas souhaité faire comme nombre de concurrents qui boostent leurs moteurs électriques d’un niveau de puissance stratosphérique, peu sollicité en utilisation courante. Le moteur électrique développe 182 chevaux et 300 Nm, ce qui est correct, sans plus, pour une auto qui frise les 2 tonnes (le 0 à 100 est couvert en 9 secondes, ce qui la met du côté dynamique de la Force  !)  ; avec la batterie, ils sont placés à l’arrière de la voiture. Toyota a eu le bon sens de privilégier l’efficience, avec 5,6 kilos d’hydrogène répartis dans trois réservoirs. Comment ça marche  ? La Mirai aspire l’air extérieur  ; l’oxygène entre en réaction avec l’hydrogène contenue dans les réservoirs et la réaction chimique créée un courant électrique dans la pile à combustible, qui alimente en continu la petite batterie (1,24 kWh), qui alimente le moteur. Cette réaction ne rejette que de la vapeur d’eau. Simple, non  ? A noter que les réservoirs plus grands et le moteur plus efficient permettent à cette seconde génération d’afficher près de 30 % d’autonomie en plus que la première  : Toyota mentionne le chiffre, un rien optimiste dans la vraie vie, de 700 kilomètres. Nous avons fait plus de 450 sans faire attention à l’éco-conduite, ce qui est déjà très bien. Et n’oublions pas que l’on peut recharger en 5 minutes…

Et au volant, ça donne quoi ?
La Mirai se positionne à la lisière des limousines de luxe, tant par son gabarit (elle fait presque 5 mètres de long et offre quatre vraies places spacieuses à bord) que par son aménagement intérieur dont la qualité devient proche des spécialistes du genre. L’ergonomie a fait un bond en avant, tant au niveau du tableau de bord que du système d’info-divertissement, que par la position de conduite plus naturelle  ; la pile à combustible n’est plus dans le plancher mais passe sous le capot avant. Grâce à cela, l’auto est plus silencieuse qu’auparavant et le système est quasiment inaudible, en plus d’être plus réactif. Louons la qualité de la sono, des sièges, du filtrage des suspensions, de la maîtrise des bruits aérodynamiques  : la Mirai est un tapis volant, une ode à la sérénité qui se conduit en douceur. Louons également le dosage de toutes les commandes, qui nous évitent la brutalité des accélérations et décélérations parfois ressenties sur des autos 100 % électriques. Ici, isolé du monde, on roule en confort et en silence, le châssis étant d’une neutralité absolue. La maîtrise est telle que cette Toyota, finalement, mériterait d’être badgée Lexus, non  ?

Son point fort ?
C’est de démontrer que l’électrique sans les contraintes, c’est possible. Encore que, la Mirai est nettement en avance sur son temps puisque le réseau de stations de recharge en hydrogène (une dizaine sur le territoire) est encore embryonnaire. Mais lors de notre essai de la précédente génération, il n’y en avait que deux  : ça progresse, lentement mais sûrement  ! Tant mieux parce que l’agrément de conduite de cette Mirai est tout simplement exceptionnel, d’autant que son prix a été réduit de 15 % par rapport à la première génération.

Le verdict de Stuff 
Elle vient de remporter le prix de l’énergie alternative décerné par un jury de l’AMAM (association des médias auto moto), ce qui est une belle récompense (une de plus  !) pour cette auto parfaitement réussie, qui a juste le tort d’être bien en avance sur l’écosystème dont elle dépend. Mais mettez un vrai maillage de stations de recharge en hydrogène sur tout le territoire et cette Mirai pourra révéler tout son talent !

Les chiffres clé 
Moteur  : électrique synchrone à aimant permanent alimenté par une pile à combustible
Cylindrée  : – cm3
Puissance  : 182 ch
Couple  : 300 Nm
Boîte de vitesse  : continue
Poids  : 1995 kilos
Vitesse maxi  : 175 km/h
0 à 100 km/h  : 9 secondes
Conso officielle / de l’essai  : 0,89 kg/100 / 1,4 kg/100
Prix  : à partir de 69 400 €

 

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