Essai – Renault Austral E-Tech Full Hybrid 200, un nouvel esprit

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Renault remplace le Kadjar, à la carrière en demi-teinte, par ce nouvel Austral, fort de différentes motorisations hybrides. Nous avons essayé la version haut de gamme, avec 200 chevaux et en finition Esprit Alpine. Par Philippe Guillaum

C’est quoi ?
On ne va pas se mentir : Renault n’a jamais vraiment coché les bonnes cases sur le créneau des gros SUV. Entre la première génération de Koleos, supra-moche, la seconde, plus réussie mais malgré tout anonyme, puis les deux générations de Kadjar qui n’ont jamais réussi à approcher les scores de vente du rival Peugeot 3008, la firme au Losange n’a pas eu un gros karma sur ce créneau. Les choses doivent changer avec l’Arkana, qui cartonne, et aussi avec cette nouvelle auto : l’Austral, un SUV de taille moyenne (4,51 m de long), bien modernisé dans sa présentation. Comme la Megane E-Tech, 100 % électrique, l’Austral témoigne de la nouvelle identité visuelle de la marque.

Justement, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ?
Tout ! Châssis, design, intérieur, l’Austral marque une vraie rupture par rapport au Kadjar. Plus moderne et plus dynamique à la fois, l’Austral a bien des arguments pour séduire.

Et sous le capot ?
Plus de Diesel, c’est la règle, et pas de 100 % électrique non plus (pour cela, il y a la Megane E-Tech) ! Pour cet Austral, Renault a développé un tout nouveau moteur, un 3 cylindres 1.2, sur lequel il a collé plusieurs niveaux d’hybridation. Ainsi, l’Austral propose 3 niveaux de puissance : 130, 160 et 200 chevaux. Renault a ainsi choisi d’équiper ce nouveau moteur 1.2 de différents types de batteries : on a ainsi une aide en 12V, 48V et 400V, comme dans le cas de notre modèle d’essai. Cette version haut de gamme avance des chiffres impressionnants : ainsi, le 3 cylindres 1.2 se contente, sort 200 ch et se contente, en théorie, de 4,6 l/100 et roule à 80 % du temps en mode électrique, en ville. Si ça se confirme, c’est juste admirable.

Et au volant, ça donne quoi ?
Notre version d’essai nous a été présentée dans la finition Esprit Alpine. Elle vient sur de jolies roues de 20 pouces, des sièges sport en Alcantara avec surpiqûres bleues. Pas de doutes, côté look, c’est nettement plus affirmé que sur le Kadjar, qui était quand même violemment mièvre. L’intérieur de cet Austral est fort agréable, puisqu’il reprend les codes de la dernière génération de Megane E-Tech : entendez par là que deux écrans TFT, l’un en largeur, l’autre en longueur, habillent la planche de bord « en L ». Renault a passé un deal avec Google et il faut reconnaître que ce système est aussi ergonomique qu’efficace, avec en bonus une excellente sono Harman Kardon. Autre bonne surprise : l’alliance entre ce nouveau moteur 1.2 et la chaîne cinématique électrique est fort bien conçue ! Le 1.2 est assez coupleux et offre de belles reprises dès les plus bas régimes, tandis que la transmission, même si elle génère encore épisodiquement quelques à-coups, est plus douce et efficace que la première génération installée sur les Captur et Arkana hybrides.

Côté châssis, les quatre roues directrices propres à cette version sont garantes d’une agilité tout simplement redoutable, et la tenue de route fait penser à feu la génération des GTI. Côté consommation, on n’est pas vraiment sur les valeurs revendiquées par la publicité (en même temps, c’est pas étonnant). Disons qu’au lieu de 4,6 l/100 et 80 % du temps en électrique, à l’issue d’un essai mixte avec une semaine de commuting et une petite virée de 200 kilomètres à la campagne, je m’en sors avec une consommation de 6,3 l/100 (pas mal du tout, en fait, pour un SUV essence de 200 ch) et 25 % du temps en tout électrique. Avec 200 ch, les accélérations sont correctes (le 0 à 100 est couvert en 8,4 secondes), la vitesse de pointe l’est moins (175 km/h), mais aujourd’hui cette valeur n’a plus vraiment d’importance.
La perfection ? Pas tout à fait : l’Austral est assez raide en suspensions sur les petites irrégularités (plus que le Kadjar, en tous cas, même si notre version Esprit Alpine avec ses roues de 20 pouces était forcément percutante) et, sur autoroute, des bruits de vent sont assez sensibles sur les montants de pare-brise.

Son point fort ?
Ce nouveau moteur est clairement une réussite et l’Austral fait montre d’un dynamisme qui faisait clairement défaut à son prédécesseur, le Kadjar.

Le verdict de Stuff
En réalité, l’esprit Alpine, on ne l’a pas vraiment trouvé ; en même temps, les gens du marketing Renault, qui prennent très probablement des gros bols de coke et qui ont déjà pondus une (Twingo) Gordini Diesel (sic, sic, sic !), n’en sont pas à une bizarrerie près. Il n’empêche : l’Austral 200 chevaux fait montre à la fois d’un beau dynamisme et d’une belle sobriété. Dans le créneau des SUV de taille moyenne, voici un sérieux client !

Les chiffres clé
Moteur : 3 cylindres en ligne, turbo + moteur électrique
Cylindrée : 1199 cm3
Puissance : 200 ch à 5250 tr/mn
Couple : 205 Nm à 1750 tr/mn
Boîte de vitesse : automatique à crabots, 6 rapports (4 thermiques + 2 électriques)
Poids : 1517 kilos
Vitesse maxi : 175 km/h
0 à 100 km/h : 8,4 secondes
Conso officielle / de l’essai : 4,6 l/100 / 6,3 l/100
Prix : gamme à partir de 31600 € ; version d’essai RS Line à partir de 36500 €

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