Essai moto : Kawasaki Z H2, le roadster pressé

0
86

Attention, cet engin n’est pas politiquement correct  : en pleine mode de répression routière, Kawasaki sort un hyper roadster dopé par un compresseur. 200 chevaux et des performances d’un autre monde. Pour le tester, Stuff s’est rendu à Las Vegas… Philippe Guillaume

C’est quoi ?
Si vous aimez la moto, impossible de passer à côté de la Z  ! Déjà, la 900 Z1 fut un modèle majeur dans l’histoire de Kawasaki et de la moto en général  : à son lancement, en 1972, ce n’était rien de moins que la moto la plus performante du moment. Depuis, Kawasaki s’est construit une réputation de constructeur faisant des motos performantes et pleines de caractère. Et ce fut à nouveau le cas en 2003, avec le lancement de la Z 1000, suivi dans la foulée par la Z 750, qui a évolué au fil des années en Z 800 puis, plus récemment Z 900. Ces machines se distinguent par le style «  sugomi  »  : c’est jeune, c’est frais, ce sont des lignes en coin, assez agressives. Les Z ont, pendant longtemps, figuré parmi les machines les plus vendues en France et cela a été encore le cas en 2019, où la Z 900 fut la troisième meilleure vente dans notre pays. La nouvelle Z H2 a donc pour objet de coiffer cette gamme avec un engin puissant et surtout, prestigieux grâce à son moteur à compresseur.

C’est quoi, le principe du compresseur ?
C’est tout simplement d’obtenir de la puissance supplémentaire en gavant le moteur. Kawasaki avait sorti les H2 et H2R en 2015, et avaient défrayé la chronique par leur puissance brutale (326 ch dans la H2R, un monstre). Puis, Kawasaki avait un peu assoupli le moteur, avec un «  compresseur équilibré  », dont la turbine possède 12 pales au lieu de 6, et avait monté cela dans la H2 SX, une version routière un peu plus sage. La Z H2 récupère cette configuration mécanique, mais les performances restent incroyables  : 200 ch et 137 Nm de couple, c’est du jamais vu dans un roadster japonais !

Côté équipements ?
C’est bien fourni avec des feux à LEDs, une dotation complète et bien agréable au quotidien  : warnings, régulateur de vitesse, poignées chauffantes en option. Le tableau de bord est constitué d’une dalle TFT couleur, hyper complète, avec différents modes d’affichage, et des indications sympas comme la prise d’angle ou encore le niveau de boost balancé par le compresseur. On a aussi des informations plus concrètes comme l’heure, la consommation d’essence et l’autonomie, ou encore le rapport de boîte engagé. Surtout, ce tableau de bord est connecté et une App, le Kawasaki Rideology, permet d’avoir des infos sur l’état de la moto, la nécessité de faire des entretiens, la planifications des itinéraires ou des balades…

Et du coup, à conduire, c’est comment ?
C’est très étonnant. Déjà, la première prouesse, c’est d’avoir rendu ce monstre parfaitement domestiqué. Capable de rouler à 40 km/h en sixième sur un filet de gaz sans broncher, assez facile de prise en mains malgré son poids plutôt élevé (239 kilos), d’un comportement neutre à basse vitesse, d’une réponse parfaitement fluide à l’accélération, la Z H2 est parfaitement domestiquée d’autant que des modes de conduite permettent de limiter la puissance ou la vivacité de la réponse à l’accélération. Sur ce plan, toutes ses concurrentes sont nettement plus caractérielles. Mais du caractère, la Z H2 sait en montrer aussi  : pour cela, il suffit d’accélérer en grand dans une plage de régime où souffle le compresseur. Là, c’est une autre histoire, avec des accélérations d’une violence rare (la deuxième vitesse prend plus de 150 km/h, 180 en 3ème, 210 en 4ème, 245 en 5ème, tout cela en quelques secondes, et ça continue d’accélérer toujours aussi fort), bercées par le sifflement du compresseur. Côté sensations fortes, on est servi !

Son point fort ?
C’est ce niveau de performances inouï, et d’avoir rendu la technologie du compresseur parfaitement domestiquée. Cette moto a deux personnalités  : c’est le loup et l’agneau  ! En plus, pour les amateurs de sensations fortes, le prix au cheval est imbattable !

Le verdict de Stuff 
Facile, docile côté pile, la Z H2 sait montrer les crocs, voire mordre côté face. Son niveau de performances est réellement impressionnant et il faudra faire preuve d’un peu d’humilité et aussi de quelques compétences au guidon pour en tirer toute la quintessence. Mais Kawasaki a osé et ça se respecte. Et puis se balader sur un roadster compressé, quelle posture !

Les chiffres clé 
Moteur 4 cylindres en ligne, 998 cm3 + compresseur
Puissance max.  : 200 ch à 11000 tr/mn
Couple max.  : 137 N.m à 8500 tr/mn
Transmission  : 6 vitesses
Poids  : 239 kilos
Vitesse maxi  : 280 km/h
0 à 100 km/h  : env. 3 secondes
Conso officielle / de l’essai  : 7,4 l/100
Prix  : à partir de 17.099 €

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here