Essai – Jeep Compass e-Hybrid, bien dans son époque

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La marque Jeep sait évoluer pour être en phase avec son époque. Jadis synonyme de libération puis d’engin destiné au cow-boy Marlboro dans les grands espaces américains, elle se fond avec malice dans nos paysages, en témoigne ce Compass e-Hybrid ! Par Philippe Guillaume

C’est quoi ?
Lancé en 2006 et restylé en 2016, le Jeep Compass connaît un succès bien mérité. Si la première génération (aux lignes un rien tarabiscotées, on le reconnaît) s’était écoulée à environ 50 000 exemplaires en Europe, la seconde, nettement plus séduisante, a déjà trouvé plus de 200 000 heureux propriétaires  ! Et ce succès ne devrait pas se démentir avec la version e-Hybrid, qui propose une hybridation légère…

Justement, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ?
Esthétiquement, pas grand-chose  : la phase 2 de cette seconde génération date de 2021. Si les lignes sont à la fois simples et plaisantes (avec 4,40 m de long, le Compass offre un excellent compromis entre aptitudes urbaines et espace à bord), le Compass offre une jolie identité visuelle sans entrer dans l’ostentatoire. L’intérieur n’est pas en reste avec une généreuse dalle d’info-divertissement et une ergonomie impeccable. Mais l’essentiel se passe sous le capot.

Et sous le capot ?
Sur les Renegade et Compass, Jeep avait démarré sa stratégie d’aller vers des autos «  green  » avec la technologie hybride rechargeable  : un moteur 1.3 était accouplé à un moteur électrique sur le train arrière, capables en théorie de parcourir 45 kilomètres rien que sur les batteries. Ces modèles étaient disponibles en deux niveaux de puissance  : 190 ou 240 ch. Avec la technologie e-Hybrid, Jeep propose des autos plus simples et plus accessibles. Que ce soit sur le Renegade ou notre Compass d’essai, on se retrouve donc avec un moteur thermique quatre cylindres 1.5, qui se voit associé à un petit moteur électrique de 20 ch et 55 Nm, logé dans la boîte de vitesse. Ce moteur électrique est alimenté par une petite batterie de 0,8 kWh, ce qui signifie que l’on ne fera pas de grandes distances en mode «  zéro émission  », mais que cette petite batterie se recharge très souvent, à la moindre décélération, et donc se trouve en capacité de donner très régulièrement des coups de boost au moteur thermique.

Et au volant, ça donne quoi ?
Notre version d’essai était une série limitée Upland, qui n’est d’ailleurs plus au catalogue  : j’ai apprécié sa livrée avec les bandes mattes et les inserts bronze, que l’on retrouve d’ailleurs sur la planche de bord. Les sièges sont revêtus d’un tissu «  écolo  » appelé Seaqual, réalisés à base de plastique récupéré dans la Méditerranée. En tous cas, on se sent bien dans cet intérieur et c’est là l’essentiel. A la conduite, la technologie e-Hybrid ne demande aucune attention particulière  ; on s’installe, on met le contact, on met la nouvelle boîte automatique à double embrayage sur Drive, et ça roule, l’électronique se charge de gérer le mode de propulsion qui convient le mieux. Bon, quand on dit «  propulsion  », c’est une expression, car cette Jeep est en fait une traction avant, qui n’est pas disponible en 4×4 (on vous avait prévenu, le monde change  !) dans cette motorisation. Rien à dire côté connectivité, info-divertissement et aides à la conduite, le Jeep Compass est à la page.

Ensuite, à part une petite brutalité ressentie parfois en ville, lors des phases de transition entre la motorisation électrique et thermique, le Compass se comporte d’une manière neutre et sécurisante, en phase avec ce que l’on est en droit d’attendre d’un petit SUV de 130 chevaux. Entendez par là que ce n’est pas le grand frisson au volant, mais en même temps, ce n’est pas non plus ce que cherchent la cible et les utilisateurs de ce genre de véhicule. De fait, la conduite est douce (mais pas molle, en attestent les valeurs de performances, qui sont d’ailleurs marginalement inférieures à celles des versions hybrides rechargeables, beaucoup plus puissantes) et prévisible. On se concentre donc sur le bien-être de l’intérieur, en appréciant notamment la bonne installation audio. Et au final, ce qui compte sur un engin hybride, c’est la sobriété, non  ? Avec une consommation relevée inférieure à 7 l/100 sur un usage principalement commuting, disons que le Jeep Compass e-Hybrid a rempli sa mission.

Son point fort ?
Pas besoin de chercher une prise de recharge pour ce SUV «  mild-hybrid  », qui séduit par sa présentation, sa facilité de conduite et sa bonne sobriété au quotidien.

Le verdict de Stuff 
Pas de recharge, pas de prise de tête, le Compass e-Hybrid séduit pour un usage quotidien et démontre que Jeep n’a pas pris a la légère sa révolution copernicienne. D’ailleurs, l’Avenger débarque bientôt  : un look de Compass dans un gabarit plus réduit, et du 100 % électrique.

Les chiffres clé 
Moteur  : 4 cylindres en ligne + moteur électrique
Cylindrée  : 1469 cm3
Puissance  : 130 ch à 5500 tr/mn
Couple  : 240 Nm à 1500 tr/mn
Boîte de vitesse  : automatique à double embrayage, 7 rapports
Poids  : 1575 kilos
Vitesse maxi  : 193km/h
0 à 100 km/h  : 10 secondes
Conso officielle / de l’essai  : 5,8 l/100 /6,7 l/100
Prix  : gamme Compass eHybrid à partir de 37450 €

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