Essai – Honda e, néo rétro électro

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2020 Honda e

La première citadine purement électrique de Honda, la e, mixe avec un talent rare le futurisme et la nostalgie. On a passé une semaine à son volant, et on a adoré ! Par Philippe Guillaume

C’est quoi ?
Avec sa bouille sympathique et ses gros phares ronds, de loin, ça ressemble un peu à une sorte de Mini (l’ancienne) modernisée. En fait, du côté des influences, il faut aller chercher vers la Honda N 360 de 1967, une petite citadine a la bouille craquante. Néanmoins, il ne faut qu’une seconde pour se rendre compte que cette ligne délicieusement rétro et, il faut l’avouer, assez irrésistible, masque une approche clairement futuriste de la mobilité. Regardez la trappe qui s’ouvre, sur le capot, pour la recharge. Constatez l’absence de rétroviseurs, confiés à des caméras. Voyez les poignées de porte qui sortent de leur cache, dès que l’on approche avec la clé. Regardez les cinq écrans du tableau de bord  ! Cette auto dévoile vite son jeu. En tous cas, avec cette «  e  », Honda n’a pas raté son approche de la citadine électrique  : elle fait tourner les têtes et délie les langues. Profitons de ce moment pour préciser qu’il ne s’agit que la première pierre posée par le géant japonais, qui a une stratégie d’électrification.

 

Et sous le capot ?
Elle dispose d’un moteur électrique, est-il besoin de préciser qu’aucun moteur thermique n’a été prévu  ! Les valeurs affichées sont très correctes  : 154 ch et 315 Nm, c’est largement assez pour lui conférer des performances assez toniques dans le trafic. Avec le 0 à 100 km/h couvert en 8,3 secondes, vous serez souvent le premier à décoller au feu vert… a moins de vouloir privilégier une conduite toute en souplesse pour un maximum d’autonomie. Les batteries disposent d’une capacité de 35,5 kWh, ce qui n’en fait pas un record pour une citadine (la DS3 E-Tense est à 50 kWh et une Renault Zoe a 52). De fait, elle ne peut pas revendiquer une autonomie record et se positionne comme une auto strictement urbaine. La consommation relevée lors de notre essai (automnal, avec une météo fraîche, et donc l’usage du chauffage et de la radio) a engendré une conso moyenne de 18,5 kW/h, et une autonomie qui oscillait entre 160 et 200 kilomètres. Pour info, dans un usage à peu près identique, j’avais consommé 14,5 kWh avec la Mini Cooper SE (il est vrai plus légère de 200 kilos et par une météo moins fraiche)…

 

Et à l’intérieur ?
C’est carrément formidable  ! On se retrouve dans une ambiance épurée, zen et futuriste à la fois. Entre placages de bois sur la console centrale et autour des commandes de vitesse, les jolis sièges recouverts d’un tissu gris chiné et l’abondance d’écrans, on se croirait dans le salon d’une villa de luxe. Les cinq écrans numériques constituent bien évidemment une première dans une auto, le rétroviseur intérieur s’autorisant lui aussi à faire appel à une caméra  ! Sinon, les rétroviseurs latéraux par caméra, on avait déjà vu ça dans l’Audi e-tron essayée l’an dernier, mais ici, la résolution est bien meilleure. Les écrans centraux peuvent se paramétrer et, comble du chic, à l’arrêt, on peut faire afficher un aquarium (et choisir à la fois le fond, le type et le nombre de poissons). C’est inutile, futile, et tellement indispensable quand on y a gouté  ! De même, la présence d’une prise HDMI permet d’utiliser les écrans pour jouer avec une console, à l’arrêt ou pendant que l’auto recharge. Incroyable mais vrai  !

Et au volant, ça donne quoi ?
Là encore, c’est assez génial. On a déjà parlé du bien-être que l’on ressent à l’intérieur dans le paragraphe précédent, concentrons-nous donc sur la conduite. Malgré son petit gabarit, la e fait preuve d’un excellent calibrage des commandes  : précision de la direction, qualité de l’amortissement, elle n’a rien d’une mini auto conçue au rabais, au contraire. Les commandes de boîte de vitesse font appel à des boutons sur la console centrale, et, en ville, on sélectionne rapidement la fonction «  une pédale  » qui permet d’optimiser le frein moteur régénérateur d’énergie, et de ne quasiment pas utiliser la pédale de frein. C’est bien réglé et très confortable  !
Par ailleurs, on sera ravi de voir que l’on est en toute sécurité  : la e dispose du freinage automatique d’urgence, du maintien de ligne, de la reconnaissance des panneaux, du régulateur de vitesse adaptatif intelligent, du surveillant d’angle mort… et sur la version haut de gamme, des sièges et volant chauffants. Enfin, en conduite un peu soutenue dans une série de virages, même si cela n’est pas sa vocation, on découvre une auto joueuse et collée au sol. Un vrai petit karting  ! Enfin, avec 3,89 m de long et un rayon de braquage démoniaque, inutile de préciser que c’est la reine de la cité  !

 

Et à part ça ?
Certes, l’autonomie est un poil juste. C’est un parti pris choisi par Honda et ceux qui veulent aller plus loin sans recharger iront vers une Renault Zoe, qui va objectivement deux fois plus loin avec les batteries pleines, mais qui offre aussi, très certainement, deux fois moins de charme. A noter, d’ailleurs, que les autres séductrices électrifiées du segment (Smart, Mini, Fiat 500…) n’ont pas non plus une autonomie exceptionnelle…

Le verdict de Stuff
Comment ne pas avoir un vrai coup de foudre pour cette auto malicieuse qui, à elle seule, donne envie d’aimer l’auto électrique  ! Entre le style, l’ambiance intérieur et le plaisir de conduite, la Honda e transforme chaque trajet en moment d’enchantement. Si seulement des batteries plus généreuses pouvaient les faire durer plus longtemps…

Les chiffres clé 
Moteur  : moteur électrique synchrone à aimants permanents
Puissance  : 154 ch
Couple  : 315 Nm
Boîte de vitesses  : continue
Poids  : 1546 kilos
Vitesse maxi  : 145 km/h
0 à 100 km/h  : 8,3 secondes
Conso officielle / de l’essai  : 18kWh /100 / 18,5 kWh /100
Prix : gamme à partir de 35.060 €

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